Bullet Train : de James Bond à Brad Pitt, les meilleurs thrillers sur les rails

Brad Pitt revient ce 3 août à un train d’enfer dans Bullet Train, un thriller d’action à 300 à l’heure dans un shinkansen, le TGV japonais. La star américaine n’est pas la première à faire le coup de poing sur les rails.

Bullet Train : de James Bond à Brad Pitt, les meilleurs thrillers sur les rails
©Sony

Super Express 109 (1975)

Contexte nippon oblige comment ne pas mentionner en premier ce thriller de Jun'ya Sato sorti en 1975 - même si c'est loin d'être un chef d'oeuvre. Un veuf révolté posd une bombe dans le Shinkansen 109. L'engin explosera si le train descend en dessous de 80 km/h, à moins que la rançon demandée ne soit payée. Si ça vous dit quelque chose, c'est normal : le scénariste Graham Yost a piqué l'idée et l'a transposée dans un bus pour Speed de Jan De Bont. Le titre américain du film était The Bullet Train. Bin oui…

Les Pirates du métro (1974)

Cela ne se passe pas dans un train, mais dans un métro, donc. Quatre hommes armés prennent en otage une voiture de métro et demandent une rançon d’un million de dollars pour la libération des passagers. Un lieutenant de la police du métro de New York prend en mains la crise, alors qu’il fait visiter le centre de contrôle du réseau à des responsables du métro de Tokyo.

Cet efficace thriller sous-terrain dans le New York déglingué des Seventies est servi par d'excellents acteurs (Walter Matthau, Robert Shaw, Martin Balsam) et de très efficaces artisans de l'époque : le réalisateur Joseph Sargent (stakhanoviste des séries télé), le chef op Owen Roizman (French Connection, L'Exorciste, Tootsie, Network,…), le monteur Gerald B. Greenberg (Oscar pour French Connection, Apocalypse Now, Kramer contre Kramer, La Porte du paradis, une kyrielle de De Palma…). Mention à la partition d'époque groovy jazz funk de David Shire (Conversation secrète, Les Hommes du président…).

Tarantino a piqué l'idée des noms de code (sous forme de couleur) des preneurs d'otages. Tony Scott en a fait un remake : The Taking of Pelham One Two Three avec Denzel Washington et John Travolta.

Runaway Train (1985)

Sur un scénario d'Akira Kurosawa, Andreï Kontchalovski signe un rail movie où l'action le dispute à l'existentialisme.

Un prisonnier multirécidiviste s’allie à une jeune tête brûlée pour s’évader d’une prison de haute sécurité en Alaska. Ils montent à bord d’un train de fret. Le conducteur décède, foudroyé par une crise cardiaque, peu de temps après avoir mis en route les machines. Les freins lâchent, la vitesse augmente irrémédiablement au milieu d’une nature hostile.

Le train fou comme métaphore de la fuite en avant ou de la quête de liberté à tout prix. Un des grands films sous-estimé des années 1980, avec Jon Voight dans une de ses meilleures prestations.

Dernier train pour Busan (2016)

La variante zombie du huis clos dans le train fou. À tombeau ouvert, sans temps mort, avec toutes les scènes obligées du genre : Yeon Sang-ho fait preuve de la légendaire efficacité coréenne à chaque wagon, avec plusieurs scènes dantesques. En bonus la réflexion sur la stratification sociale, typique du cinéma coréen contemporain : le riche individualiste doit s’associer à l’homme du peuple afin de sauver leur progéniture.

Snowpiercer, le Transperceneige (2013)

Avant la série Netflix et avant son Parasite, Bong Joon-ho a signé cette adaptation du classique de la BD apocalyptique française, avec un casting international (Chris "Captain America" Evans, Tilda Swinton, Ed Harris…). Le train y est aussi métaphore de la lutte des classes, alors même que l'humanité est réduite à quelques centaines de survivants. L'exploitation poussée à son pire extrême.

Scènes bonus

Bons baisers de Russie (1963)

La bagarre entre les quatre cloison d'un compartiment entre Sean 007 Connery et Robert Shaw demeure un modèle du genre et un rappel que le James Bond du début des Sixties n'avait rien à envier, question poigne, à Brad Pitt dans Bullet Train.

Mission Impossible (1996)

Le premier opus bénéficie de la science du découpage de Brian De Palma. Il fixe le canon de l'action de la franchise préférée de Tom Cruise avec sa filature dans l'Eurostar puis sa poursuite hélico-TGV dans le tunnel sous la manche. C'est peut-être le film qui a repoussé les limites de l'impossible dans le thriller d'action moderne. Avant, on essayait encore d'y faire croire (un peu), depuis tout est permis, comme dans Bullet Train.