"To Olivia": Roald Dahl a connu un drame qui a failli lui faire perdre la foi dans les contes de fées

Grande-Bretagne, 1961. L'excentrique auteur de livres pour enfants Roald Dahl et sa femme, la star hollywoodienne Patricia Neal (Keeley Hawes), se sont retirés dans le Buckinghamshire pour que leurs jeunes enfants Olivia, Sophia (dite Tessa) et Theo puissent profiter de la quiétude de la campagne anglaise. Leur carrière respective semble quelque peu enlisée : le dernier livre de Roald Dahl (James et la grosse pêche) n'a pas connu le succès espéré et les propositions de rôles intéressants se font rares.

Sur le plan familial, en revanche, le temps est au beau fixe : Roald (Hugh Bonneville) a noué une grande complicité avec sa fille Olivia, qui adore les animaux et joue à la gardienne de zoo : poules, chien et perroquets, personne ne lui résiste. Père et fille aiment se promener dans les bois environnants ou jusqu’au village pour y acheter des bonbons. Olivia est son premier public et Roald Dahl invente la plupart de ses histoires de fées, de lutins et d’animaux bizarres pour les séduire, sa petite sœur et elle. Mais son dernier roman s’est mal vendu et les factures commencent à s’amonceler faisant peser sur la famille une sourde menace. Lorsqu’Olivia tombe malade, le quotidien des deux parents-artistes devient encore plus sombre et tendu…

Une famille en sursis

Face à la perte d’un enfant, certains s’enferment dans le silence et le deuil si profondément qu’ils perdent le lien avec tous ceux qui les entourent. Pour Roald Dahl, la perte est d’autant plus cruelle qu’Olivia était aussi sa source d’inspiration en tant qu’écrivain. S’enfonçant dans la douleur, l’homme rompt avec le monde extérieur, il perd aussi le goût d’écrire et de faire rire son entourage, lui qui n’était jamais à court d’inventions pour faire surgir la magie au quotidien.

La douceur et le côté bonhomme de Hugh Bonneville, qui s'est déjà frotté à l'univers enfantin (Paddington) tout autant qu'au destin des sujets brillants de Sa Majesté ( Downtony Abbey ) soulignent l'originalité de Roald Dahl, empereur des conteurs et père des Sacrées sorcières ou de Charlie et la chocolaterie. L'actrice Keeley Hawes ( The Bodyguard ) offre son élégance et sa détermination sans failles à cette femme et actrice bien décidée à éloigner sa famille du gouffre vers lequel elle semble se précipiter.

John Hay s'est basé sur le livre de mémoires de l'actrice Patricia Neal An Unquiet life pour retracer la profonde période de tumulte traversée par le couple à la suite de la perte de l'un de ses enfants. Il n'est pas toujours aisé de placer le curseur entre conte de fées et tragédie familiale, face à des parcours de vie si chahutés. Oscillant entre l'un et l'autre, le film semblera, dans sa dernière partie, flotter au-dessus de la réalité, même s'il aborde avec sensibilité la question du fragile équilibre familial lorsque l'un de ses membres disparaît.

To Olivia Drame familial De John Hay Scénario John Hay, David Logan Avec Hugh Bonneville, Keeley Hawes, Sam Heughan Durée 1h39.

"To Olivia": Roald Dahl a connu un drame qui a failli lui faire perdre la foi dans les contes de fées
©D.R.