"Sundown": Tim Roth retrouve Michel Franco pour un drame, charmant mais anecdotique, sur un riche quinquagénaire en bout de course

Début juillet, Sundown décrochait le grand prix de la Compétition internationale du Festival international de Bruxelles (Briff). Un prix surprenant pour un film passé inaperçu en Compétition de la Mostra de Venise il y a tout juste un an. À côté du choc provoqué par son Nuevo orden (grand prix sur le Lido en 2020), Michel Franco se montre nettement moins percutant avec Sundown. Non dénué de charme, le nouveau film du cinéaste mexicain est plus anecdotique, s'attachant à décrire les états d'âme d'un riche Anglais choisissant de tout lâcher pour profiter de la vie au bord d'une plage d'Acapulco. Le film est cependant porté par la présence et le charisme d'un formidable Tim Roth, que Franco avait déjà fait jouer dans Chronic en 2015.

Larguer les amarres

Dans Sundown, la star anglaise campe Neil Bennett, un homme fatigué qui accompagne sa sœur Alice (Charlotte Gainsbourg) et ses deux grands enfants en vacances au Mexique. Bateau, pêche, piscine à débordement, hôtel de luxe, vue imprenable pour observer, un cocktail à la main, les autochtones plonger du rocher d'Acapulco… Une certaine idée du Paradis pour ces héritiers d'une grosse fortune de l'industrie britannique de la viande. Mais quand Alice reçoit un coup de téléphone lui apprenant que leur mère doit être emmenée d'urgence à l'hôpital, les vacances sont terminées. On fait les bagages et on prend le premier vol pour Londres. Mais, une fois arrivé à l'aéroport, prétextant avoir oublié son passeport à l'hôtel, Neil choisit de rester à Acapulco. Au lieu de rejoindre le palace où il logeait, il loue une petite chambre dans un hôtel quelconque au bord d'une plage populaire. Là, il passe ses journées à descendre des bières les pieds dans l'eau, avant de faire la rencontre de la jeune et jolie Berenice (Iazua Larios)…

Finir sa vie les pieds dans l’eau

Avec Sundown, Michel Franco met en scène un homme qui, alors qu'il aborde la soixantaine, décide de tout lâcher pour enfin mener la vie simple dont il a sans doute toujours rêvé (sans pour autant renoncer à un certain confort financier). Dans ce rôle, Tim Roth se montre très à l'aise, à la fois séducteur et fragile en touriste perdu à l'autre bout du monde, qui découvre, blasé et apathique, la réalité de la violence.

Car cette histoire intime, le réalisateur l'inscrit dans un contexte précis, celui de la violence qui gangrène le Mexique. Autrefois cité balnéaire idyllique, Acapulco est en effet aujourd'hui l'une des villes les plus dangereuses du pays. Pour continuer à profiter de ses plages de sable fin et de ses paysages grandioses, les riches touristes doivent désormais s'enfermer dans de ressorts sécurisés. C'est justement cette vie de faux-semblants que cherche à fuir cet homme arrivé au crépuscule de sa vie. Cette violence omniprésente, cette menace sourde qui pèse sur Acapulco, Franco les utilise pour faire avancer le récit… Malheureusement, cette fois, le cinéaste ne parvient pas à faire coïncider la trajectoire personnelle de son héros fortuné et celle de son pays, miné par les inégalités sociales. Là où, justement, dans Nuevo orden, il réussissait à mettre en scène la lutte des classes de façon radicale et ébouriffante. Plus désabusé, plus individualiste, Sundown se révèle plus modeste. Plus insignifiant aussi…

Sundown Drame Scénario et réalisation Michel Franco Photographie Yves Cape Montage Óscar Figueroa et Michel Franco Avec Tim Roth, Charlotte Gainsbourg, Iazua Larios, Samuel Bottomley… Durée 1h23.

"Sundown": Tim Roth retrouve Michel Franco pour un drame, charmant mais anecdotique, sur un riche quinquagénaire en bout de course
©D.R.
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