"Don’t Worry Darling" : Un Truman Show féministe efficace

Florence Pugh et Harry Styles réunis dans un thriller psychologique soigné signé Olivia Wilde.

"Don’t Worry Darling" : Un Truman Show féministe efficace
©Courtesy of Warner Bros. Pictures

Le 5 septembre dernier, Harry Styles a affolé la Mostra de Venise. Dès le matin, des dizaines de jeunes filles campaient devant le Palazzo del cinema, sur le Lido, attendant impatiemment la venue de la star de la pop britannique. L'ex-membre du groupe One Direction venait présenter, hors Compétition, Don't Worry Darling d'Olivia Wilde, accueilli en véritable star, malgré la polémique liée à son salaire sur le film. L'Anglais a en effet touché pas moins de 2,5 millions de dollars de cachet, contre "seulement" 700 000 pour Florence Pugh. Pas très cool quand on joue dans un film à vocation féministe… Est-ce la raison de la brouille entre Florence Pugh et Olivia Wilde ? Lors de la conférence de presse vénitienne du film, la jeune comédienne a en tout cas brillé par son absence…

Actrice et réalisatrice n'ont pourtant pas à rougir de Don't Worry Darling, un thriller psychologique efficace qui nous plonge dans une vision parfaite du rêve américain au cœur des années 1950. Au milieu d'un désert, on découvre une banlieue proprette, avec ses palmiers, ses maisons modernistes, ses belles voitures aux carrosseries rutilantes… Costumes impeccables et sourire carnassier, les hommes partent tous les matins bosser pour le Victory Project, un projet industriel ultra-confidentiel dont la promesse n'est rien moins que de changer le monde. Leurs épouses, aux robes et aux déshabillés soignés, passent leur journée à faire du shopping, à ranger la maison et à préparer à dîner à leur mari, dont elles attendent le retour un cocktail à la main…

Mais pour Alice (Florence Pugh, à nouveau convaincante après Midsommar d'Ari Aster, Les Filles du docteur March de Greta Gerwig ou Black Widow de Marvel), le rêve commence à se fissurer. Même si elle se rattache à son amour pour Jack (Harry Styles), elle doute de plus en plus des intentions du projet Victory, mené d'une main de fer par le mystérieux Franck (Chris Pine), gourou de cette étrange secte.

"Don’t Worry Darling" : Un Truman Show féministe efficace
©Warner

À la frontière du fantastique

Nous plongeant dans un épisode de Mad Men ou des Desperate Housewives, Olivia Wilde fait joyeusement voler en éclat le rêve américain et plus précisément sa dimension patriarcale. Bénéficiant d'un scénario bien ficelé et d'une réalisation léchée, Don't Worry Darling se présente comme une version féministe du Truman Show de Peter Weir. Car à mesure que se fissure l'American Dream, l'héroïne découvre le cauchemar misogyne qui se cache derrière ce prétendu paradis de la consommation et de l'optimisme béat des années 1950 qui continue, dans l'imaginaire collectif, de représenter une certaine vision du bonheur préfabriqué.

Après son très chouette Premières de classe (Booksmart) en 2019, la comédienne américaine Olivia Wilde (qui joue ici le rôle d'une des sages épouses) est décidément en bonne passe pour réussir sa reconversion en réalisatrice…

Don't Worry Darling.Thriller psychologiqueD'Olivia Wilde - Scénario : Katie Silberman, Carey et Shane Van Dyke - Musique : John Powell - Avec Florence Pugh, Harry Styles, Olivia Wilde, Chris Pine, KiKi Layne… Durée 2h02.

"Don’t Worry Darling" : Un Truman Show féministe efficace
©LLB