"Freaks Out" : la guerre filmée comme un cirque... Totalement indigeste !

Une coproduction italo-belge relisant la Seconde Guerre mondiale par le genre fut l’un des films les plus décevants de la Mostra.

Présenté à la Mostra de Venise il y a un an, Freaks Out fut l'un des films les plus décevants de la Compétition. On se demande en effet comment un film aussi tapageur a pu entrer en course pour le Lion d'or… Visuellement très ambitieux - le film a remporté les principaux prix techniques aux David di Donatello 2022 -, le second long métrage de l'Italien Gabriele Mainetti, coproduit avec la Belgique, met en scène quatre bêtes de foire travaillant dans un petit cirque ambulant sous la houlette du brave Israël (Giorgio Tirabassi). Ce dernier est comme un père pour ces marginaux aux capacités extraordinaires. Couvert de poils de la tête aux pieds, Fulvio (Claudio Santamaria) est doté d'une force surhumaine. Albinos, Cencio (Pietro Castellitto) est capable de communiquer avec les insectes. Un peu limité, le clown Mario (Giancarlo Martini) est un aimant ambulant. Quand la jeune Matilde (Aurora Giovinazzo) est littéralement électrique. Sur la piste aux étoiles, ils transforment leurs infirmités en numéros poétiques.

"Freaks Out" : la guerre filmée comme un cirque... Totalement indigeste !
©Paradiso

L’Histoire comme prétexte

Mais on est en Italie en 1945, sous occupation nazie. Quand son chapiteau est détruit dans un bombardement, la petite troupe se dit qu’il est temps de songer à fuir vers les États-Unis… Alors qu’il cherche à se procurer de faux papiers à Rome, Israël disparaît. Livrés à eux-mêmes, les quatre héros errent dans les rues. Sans savoir qu’ils sont recherchés par Franz (Franz Rogowski), pianiste star du Grand Cirque de Berlin, installé à Rome. Capable de voir l’avenir, celui-ci sait que la guerre est perdue pour le Fürher. Sauf s’il parvient à mettre la main sur ces "quatre fantastiques"…

Comme dans son premier film On l'appelle Jeeg Robot en 2015, Gabriele Mainetti met en scène des super-héros, dans un film de genre boursouflé de références. À commencer par Le Magicien d'Oz dans la composition de cet improbable quatuor. Il y a aussi du Guillermo Del Toro dans la mise en scène d'un univers poétique habité de monstres (façon La Forme de l'eau ). Sans oublier une bonne dose de Tarantino dans ce combat contre de grands méchants nazis et une armée de "Freaks" (référence ultime à Tod Browning).

Malheureusement, l’ensemble est totalement indigeste ! Et cela en devient presque gênant de voir ainsi mêlé à un combat pyrotechnique loufoque un train de juifs en route pour les camps de la mort… Comme Tarantino, Mainetti se fiche comme une guigne du contexte historique. Totalement amoral, il transforme la guerre en un cirque au nom d’un grand spectacle qui se veut divertissant mais qui, avec ses 2h20, est un spectacle atrocement éprouvant.

"Freaks Out" - Comédie historique de Gabriele Mainetti - Scénario : Nicola Guaglianone et Gabriele Mainetti - Avec Claudio Santamaria, Aurora Giovinazzo, Pietro Castellitto, Franz Rogowski… Durée 2h21.

"Freaks Out" : la guerre filmée comme un cirque... Totalement indigeste !
©LLB