"Mama" : une femme en colère à la recherche de son fils dans le Donbass

Cette quête improbable en Ukraine est disponible, dès ce vendredi, sur Arte. TV.

L'actrice de la série "Mama" crie son désespoir dans un champs.
Partie seule, Nina (Olesya Zhurakivska) est confrontée au désespoir de ne pas parvenir à retrouver son fils. ©© OSNOVAFILM

Triste actualité oblige, Arte "mise" décidément sur l’Ukraine en cette année 2022. Après l’invasion du pays par la Russie, en février dernier, la chaîne culturelle avait mis en ligne la série Serviteur du peuple. Dans cette satire, Volodymyr Zelensky, actuel président ukrainien et ancien comédien, incarnait un professeur d’histoire parvenu à la tête de son pays. Le succès médiatique de cette fiction avait encouragé Zelensky à se lancer en politique. On connaît la suite…

Ce vendredi, la plateforme Arte.TV a mis en ligne une autre fiction estampillée "jaune et bleue" : Mama. Comme son nom l’indique, cette mini-série en quatre épisodes raconte les péripéties d’une mère de deux enfants, habitant Jytomyr, cité d’environ 260 000 âmes située à 140 kilomètres de Kiev.

La vie de Nina Petrivna (Olesya Zhurakivska), femme médecin, bascule lorsque Vitaliy, son fils parti combattre les séparatistes dans l’Est de l’Ukraine, est blessé. Ce dernier se filme pour souhaiter un bon anniversaire à sa mère, mais son convoi est attaqué et le jeune soldat fait prisonnier. Contre vents et marées, elle décide de partir seule à sa recherche. La série se déroule en 2014. Pour rappel, l’année où la guerre du Donbass a éclaté suite aux manifestations pro-européennes de la place Maïdan.

Le conflit vu par les locaux

Le grand intérêt de cette fiction datant de 2021, réside justement dans la possibilité qu’elle offre de découvrir la réalité ukrainienne, via un regard "local". En l’occurrence, à travers les yeux des deux showrunners : Valentina Rudenko et Taras Tkachenko. Malgré quelques moments "partisans", le duo est plutôt nuancé et tente d’expliquer la complexité de la vie quotidienne pour les civils des deux côtés de la ligne du conflit.

La situation de Bodia, l’un des personnages principaux, est révélatrice, puisque cet homme vit dans une zone administrée par la "République populaire de Louhansk", quand sa fille réside à Myrhorod (sous administration ukrainienne). Certains arguments avancés par les pro-Russes sont, aussi, exposés par la voix d’un haut gradé séparatiste.

En suivant Nina dans sa quête, on découvre, de l’intérieur, la surveillance paranoïaque des autorités, le réseau de passeurs, les arnaqueurs, la corruption, mais également la propagande constante, y compris auprès des enfants. Nina se voit, ainsi, qualifier tour à tour de "ukrop" (ancien nom du parti de l’oligarque Ihor Kolomoïsky, terme péjoratif à l’est qui désigne les "Ukrainiens"), ou de "banderovka" (ou "bandériste", référence au dirigeant nationaliste ukrainien Stepan Bandera, qualifié de nazi par Vladimir Poutine).

Des relents de mauvais sitcom

La série présente la même faiblesse que la fiction de Volodymyr Zelensky : des longueurs. Niveau acteur, on flirte, aussi, par moments avec le mauvais sitcom notamment lorsqu’Olesya Zhurakivska reste figée cinq longues secondes après avoir appris une mauvaise nouvelle. On ne croit pas, non plus, une seconde à cette histoire tirée par les cheveux, même si le désespoir de Nina fait évidemment écho à la réalité. En avril 2022, Le Parisien avait, ainsi, diffusé les images d’une mère prosternée après la découverte du corps de son fils, combattant de 23 ans, abandonné dans une bouche d’égout.

"Mama" – Drame de Valentina Rudenko et Taras Tkachenko – Avec Olesya Zhurakivska, Nikolay Boklan, Daria Matveeva, Oleksandr Bozhko, Tamara Antropova – Sur Arte. TV dès le 11 novembre, dispo pendant six mois – 4 x 45'.

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étoiles Arts Libre cinéma ©LLB