"Plus que jamais": l'au revoir à la vie d'une jeune femme malade

Vicky Krieps magnifique et touchante face à Gaspard Ulliel, dans son dernier rôle au grand écran.

"Plus que jamais", drame intime de l'Autrichienne Emily Atef, avec Vicky Krieps et Gaspard Ulliel, dans son dernier rôle au cinéma.
"Plus que jamais", drame intime de l'Autrichienne Emily Atef, avec Vicky Krieps et Gaspard Ulliel, dans son dernier rôle au cinéma. ©Imagine

Gravement malade, Hélène (Vicky Krieps) n’a d’autre issue, pour continuer à vivre, qu’une greffe des poumons. Son mari Matthieu (Gaspard Ulliel) la pousse à se faire soigner, à sortir, à voir leurs amis à Bordeaux. Mais, fataliste, la jeune femme hésite à retourner à l’hôpital. En surfant sur les blogs de personnes en fin de vie, comme elle, elle tombe sur un certain Mister (Bjørn Floberg), qui vit au bord d’un fjord en Norvège. Avant de, peut-être, tirer sa révérence, Hélène décide de partir pour le Grand Nord, à la découverte de ces paysages qu’elle a toujours rêver de voir…

Une existence à bout de souffle

Après avoir raconté, dans 3 jours à Quiberon en 2019, quelques journées dans l’existence de Romy Schneider, peu avant sa mort, Emily Atef s’attache à nouveau dans Plus que jamais à une héroïne en fin de parcours… Une horrible injustice pour cette jeune femme joyeuse, qui avait la vie devant elle…

Comment réagir face à l’annonce de sa mort possible? Comment surmonter l’égoïsme dévorant que l'on ressent à ce moment crucial? Comment résister, ou non, à l'envie de choisir seul son destin, sans se soucier de l'avis de ses proches? Car, comme le dit ce vieux Norvégien qui accueille Hélène chez lui: "Les vivants ne peuvent pas comprendre les mourants. Je déteste les gens en bonne santé!"

Les questions posées par la cinéaste autrichienne dans Plus que jamais sont douloureuses et profondes. Malgré certaines longueurs et répétitions — le film dure deux heures et un bon vingt minutes en trop —, Plus que jamais dresse le portrait sensible d’une jeune femme choisissant la façon dont elle va dire au revoir à la vie, confrontant l'affaiblissement de son corps à une nature norvégienne aussi grandiose qu'indifférente à son destin.

Cette héroïne est campée par la merveilleuse Vicky Krieps — que l’on reverra, le 21 décembre, fabuleuse, dans Corsage d’une autre cinéaste autrichienne, Marie Kreutzer, qui dépoussière complètement l’image de Sissi. Délicate, subtile, la Luxembourgeoise (découverte, tenant tête à Daniel Day-Lewis, dans Phantom Threads de Paul Thomas Anderson en 2018) fait passer chaque émotion intérieure par de petits détails: une moue qui s'esquisse, un sourire qui se brise, des yeux qui s'allument, un corps qui frissonne… Elle parvient à garder toute sa dignité à son personnage, même lorsque la maladie pourrait le rendre pathétique dans sa fragilité physique.

Face à elle, on retrouve Gaspard Ulliel, dans son dernier rôle au cinéma, avant sa mort tragique dans un accident de ski en janvier 2022

"Plus que jamais", drame intime de l'Autrichienne Emily Atef, avec Vicky Krieps et Gaspard Ulliel, dans son dernier rôle au cinéma.
Gaspard Ulliel et Vicky Krieps, amoureux dans "Plus que jamais", drame intime de l'Autrichienne Emily Atef. ©Imagine

Plus que jamais Drame intime De Emily Atef Scénario Emily Atef et Lars Hubrich Photographie Yves Cape Musique Jon Balke Montage Sandie Bompar et Hansjörg Weißbrich Avec Vicky Krieps, Gaspard Ulliel, Bjørn Floberg… Durée 2h03

étoiles Arts Libre cinéma
©LLB