Disponible ce mardi en Premium VOD, une comédie banlieusarde signée Antoine Desrosières qui se rit, de façon aussi culottée que maladroite, de la sexualité des jeunes filles musulmanes.

En 2015, le Français Antoine Desrosières imaginait, dans son moyen métrage Haramiste, ce qui se cachait derrière le voile de deux jeunes filles: quelles étaient leurs aspirations, leurs fantasmes? Trois ans plus tard, il présentait en sélection Un Certain Regard à Cannes À genoux les gars, où il retrouve ses deux comédiennes Souad Arsane (vue récemment dans Papi Sitter) et Inas Chant. Lesquelles sont cette fois créditées comme dialoguistes de cette comédie qui a la tchatche!

Campant Yasmina et Rim, deux jeunes soeurs vivant dans la banlieue de Strasbourg, les deux actrices ont un sacré flow! Largement improvisés lors d’un tournage express de 18 jours (après quelques semaines de préparation et de répétitions), les dialogues s’en ressentent malheureusement, souvent répétitifs et vides. Et ils nécessiteraient sans doute des sous-titres si l’on n’est pas adepte du parler « djeune ».

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Obsession de la pipe

L’argument de À genoux les gars est à nouveau celui de la sexualité chez les jeunes musulmans. Le noeud de l’intrigue étant ici la fellation, que les petits-amis respectifs de Yasmina et Rim font tout pour obtenir. Un jour, alors que sa soeur est en voyage, Yasmina finit, sur la pression de son copain, par sucer le petit-ami de Rim. La scène est immortalisée au smartphone et le chantage commence pour la jeune fille, sommée de ne rien dévoiler à sa soeur, sous peine de voir la vidéo apparaître sur les réseaux sociaux… D’abord abattue, Yasmina tente de relever la tête et cherche à mettre au point sa vengeance…

Derrière ses airs de comédie banlieusarde dans l’air du temps, À genoux les garçons entend aborder un sujet complexe, celui de la sexualité des jeunes Français de confession musulmane à l’heure de Pornhub et YouPorn, mais aussi des interdits religieux. Récit d’une émancipation, le film de Desrosières se veut féministe. Malheureusement, ses personnages sont réduits à des caricatures, filles et surtout garçons (absolument demeurés). Bref, À genoux les garçons laisse un sentiment mitigé, celui d’une comédie résolument culottée et à la fois très maladroite dans le traitement de son sujet. La légèreté avec laquelle est abordée la question du viol et du consentement laisse en effet songeur...

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*À genoux les gars Comédie banlieusarde Réalisation Antoine Desrosières Scénario Antoine Desrosières, Souad Arsane, Inas Chanti, Mehdi Dahmane, Sidi Mejai & Anne-Sophie Nanki Photographie George Lechaptois Montage Nicolas Le Du Avec Souad Arsane, Inas Chanti, Loubna Abidar, Baya Kasmi, Mehdi Dahmane, Sidi Mejai… Durée 1h38

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