Alain Cavalier à Bruxelles

Cinéma

A.Lo.

Publié le

D'Alain Cavalier, le grand public se souvient essentiellement de «Thérèse». Depuis ce film, le réalisateur français poursuit une quête du dépouillement esthétique d'une rare radicalité: il tourne seul, sans techniciens, ni acteurs, en décor naturel et en dehors de tout circuit de distribution classique. Autant dire que voir ses films relèvent aussi de la gageure. Chance pour les curieux, les cinéphiles et ceux que la nouveauté n'effraie pas, Le P'tit Ciné propose dimanche la projection de trois de ses films autobiographiques à l'Arenberg, suivie d'une rencontre avec le réalisateur.

Dans une récente lettre ouverte au cinéaste, notre confrère du «Monde» Jacques Mandelbaum («Le Monde» du 5 mai 2005) a parfaitement souligné l'attrait et l'apport de films comme «Ce répondeur ne prend plus de message» (1978), «La Rencontre» (1996) et «Le Filmeur» (2005) : un cas unique de dialogue intime entre un réalisateur et le spectateur (pour les deux premiers) ou entre le monde et le spectateur avec le cinéaste comme passeur (pour le dernier). «Ce répondeur ne prend plus de message» parlait du deuil d'une femme où un homme (Cavalier) dont le visage n'apparaît jamais lit dans la douleur les lettres d'une femme qui le vampirise par-delà la mort. «La Rencontre» lui fait écho, chronique d'une histoire d'amour. Les protagonistes (un homme, une femme) n'apparaissent jamais sinon par fragments. Tourné en vidéo Hi-8, le film a ensuite été projeté sur un écran de télévision et refilmé en 35 mm. «Le Filmeur» est lui un journal intime filmé entre 1994 et 2005. Une oeuvre plus poétique qu'autobiographique, plus contemplative que démonstrative. Du jamais vu... à voir.

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© La Libre Belgique 2005

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