Alice n’est plus une gamine, ni même une jeune fille; c’est une jeune femme accomplie. Après trois années passées sur les mers de Chine à la barre du vaisseau de son défunt père, elle revient à Londres, où elle doit faire face à l’avidité de ses créanciers. Son échappatoire à la difficulté du monde réel, elle va la trouver en basculant de l’autre côté du miroir. De retour au Pays des Merveilles, elle retrouve tous ses amis, qui la supplient de venir en aide au Chapelier, plus fou que jamais à l’idée de retrouver sa famille, que tout le monde pense pourtant morte. Pour la ressusciter, Alice va devoir défier le Temps, et lui voler sa Chronosphère. Laquelle lui permettra de remonter dans le passé pour épargner les parents du Chapelier de l’attaque du monstrueux Jabberwocky…

"De l’autre côté du miroir" est une suite fidèle d’"Alice au Pays des Merveilles". Le film de Tim Burton en 2010, pas le roman de Lewis Carroll publié en 1871. Burton (qui se contente ici du rôle de producteur) avait en effet déjà largement puisé dans le second volet des aventures d’Alice pour son film. A part le Jabberwocky, un clin d’œil au jeu d’échecs, des apparitions d’Humpty Dumpty et de Tweedledum et Tweedledee, cette production Disney se détourne en effet complètement de l’œuvre originale. Confiée à la scénariste Linda Woolverton, déjà derrière le premier "Alice" mais aussi le récent "Maléfique", le scénario se présente comme une suite très commerciale, qui permet de retrouver Alice (Mia Wasikowska, cette fois vraiment trop âgée pour le rôle), le Chapelier (Johnny Depp, plus que jamais en roue libre), les Reines Rouge (Helena Bonham Carter) et Blanche (Anne Hathaway)… Seul nouveau venu, Sacha Baron Cohen, savoureux dans le rôle du Temps, avec sa horde de petits mécanismes tout droit sortis de "Star Wars", voire de "Transformers"…

On est loin ici de l’inventivité foisonnante de Lewis Carroll, véritable surréaliste avant l’heure. Formaté pour le grand public international, "De l’autre côté du miroir" se résume à un film d’aventures assez convenu -empruntant son ressort éculé à "Retour vers le futur" - et à la 3D superflue. A nouveau assez sombre et très kitsch esthétiquement, cette suite ne transige pas à la nouvelle règle de Disney : donner sa chance même au méchant. Ainsi, découvrira-t-on comment, et surtout pourquoi, la Reine de Cœur est devenue totalement folle et pourquoi sa tête est aussi proéminente…


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 Réalisation : James Bobin. Scénario : Linda Woolverton (d’après les personnages de Lewis Carroll). Musique : Danny Elfman. Avec Mia Wasikowska, Johnny Depp, Anne Hathaway, Helena Bonham Carter, Sacha Baron Cohen… 1 h 48.