Cinéma

Rien ne va plus entre Christian Grey et Anastasia Steele ! Faut dire que le jeune homme a poussé le bouchon en peu trop loin dans la chambre rouge avec sa soumise. Laquelle décide de mettre un terme à leur relation ambiguë du style "Johnny fais-moi mal (mais pas trop quand même)". En lui payant un iPhone et un Mac, en lui versant 24 000 dollars sur son compte et en rachetant la maison d’édition où elle travaille, le milliardaire de Seattle parvient à reconquérir sa Belle et promet que, cette fois, il réussira à l’aimer sans la blesser. En jargon S-M, on appelle ça une une "relation à la vanille".

Dans la campagne de presse qui a précédé la sortie de la suite de "50 nuances de Grey", on nous promettait un second volet plus torride, plus noir. Il n’en est rien ! Ces "50 nuances" n’ont rien de "plus sombre"; elles ont au contraire un sacré goût de guimauve. Érotisme de pacotille - on se croirait dans une pub pour un soda -, sentiments amoureux exacerbés, retour de la morale… 

Le film réussit un tour de force : nous proposer une histoire sado-masochiste 100 % puritaine. Pour meubler les deux heures interminables de cette exploration horriblement sexiste d’une relation amoureuse figée depuis le début dans la même dynamique ("Tu es mienne ! - Ah non Christian ! Finalement si… Prends-moi !"), les scénaristes tentent d’injecter un peu de suspense à travers deux ou trois histoires annexes totalement ridicules. Sans compter les nombreuses incohérences du scénario et deux acteurs toujours aussi inexpressifs. Leur charme se résume à des biscotos saillants pour Jamie Dornan et à une jolie paire de fesses pour Dakota Johnson. C’est pas tout à fait ça, le charisme…


© IPM
Réalisation : James Foley. Scénario : Niall Leonard (d’après le roman d’E.L. James). Musique : Danny Elfman. Avec Dakota Johnson, Jamie Dornan, Tyler Hoechlin, Kim Basinger… 1h55.