The woman in the window** Thriller De Joe Wright Scénario Tracy Letts Avec Amy Adams, Gary Oldman, Julianne Moore,... Durée 1h41

Anna Fox est psy pour enfants depuis 15 ans. Souffrant d’agoraphobie, elle n’est pas sortie de chez elle depuis 10 mois. Postée le plus souvent près de sa fenêtre, elle vit dans une semi-pénombre dans sa grande maison de maître à l’imposante cage d’escalier. Un univers dont les ombres et les courbes ont largement de quoi alimenter sa paranoïa. A côté de sa thérapie, Anna prend de nombreux médicaments, mais elle n’a pas décidé d’arrêter le vin rouge pour autant…

Séparée de son mari Ed et de sa fille, Olivia, 8 ans, dont il a obtenu la garde exclusive, Anna leur téléphone fréquemment. En dehors de sa passion pour les vieux films - dont elle connaît les répliques par coeur -, Anna passe beaucoup de temps à observer la vie de ses voisins, entre repas, leçon de musique, groupe de prières, etc.

Depuis peu, une nouvelle famille s’est installée en face de chez elle : les Russell. Un jour, elle reçoit la visite de son jeune voisin, Ethan, 15 ans, dont le père (Gary Oldman) semble être un homme colérique et violent. La mère (Julianne Moore) d’Ethan lui rend également visite un soir en toute discrétion. Peu de temps après, Anna voit le couple se disputer et le père d’Ethan porte un coup mortel à son épouse…

L’insert d’une image du célèbre film d’Hitchcock Fenêtre sur Cour (Rear Window) permet de ne faire aucun mystère des intentions du réalisateur, Joe Wright (Darkest Hour, Pride & Prejudice). Sa Woman in the window, adaptée du best-seller de A.J. Finn, publié en 2018, adresse bien un clin d’oeil appuyé à James Stewart, témoin fortuit d’un meurtre imaginé par Sir Alfred. Si l’élégance des plans, les jeux de clair-obscur et l’ambiance sonore contribuent à instaurer un climat propice à l’angoisse montante, Amy Adams, souvent déboussolée ou cotoneuse, déambulant en large robe de chambre, un verre de vin à la main, accentue le sentiment de bateau à la dérive.

Cet équilibre fragile est pourtant rompu, dans la dernière partie du film, par le surgissement de rebondissements et d’éléments d’intrigue à tendance horrifique amenés de façon nettement moins raffinée qui bousculent non seulement la comédienne mais aussi l’idée que l’on se faisait du long métrage en cours. Sans doute ces revirements sont-ils à mettre sur le compte d’une production souhaitant modifier le long métrage en fonction de résultats jugés insatisfaisants du public-test... Mais cela nuit clairement à la cohérence du film et dessert un casting pourtant prometteur Julianne Moore, Jennifer Jason Leigh et Gary Oldman. Dommage...