Antoinette (Laure Calamy) ne fait pas les choses à moitié : lorsqu’elle aime, elle se donne à fond, au point de chanter ses sentiments sur tous les toits, sur tous les tons.

Depuis qu’elle est tombée amoureuse de Vladimir (Benjamin Lavernhe), le papa de l’une de ses élèves, elle ne marche plus, elle vole, tout a changé, plus rien n’est pareil : elle vit dans l’attente de la semaine de vacances qu’ils vont partager cet été.

Lorsque Vladimir doit annuler, pour rester auprès de sa femme et de sa fille, Antoinette n’hésite pas une seconde et change ses plans afin de suivre son amant, de loin. Quitte, pour cela, à se lancer dans une randonnée en solitaire, avec pour seule compagnie… un âne. Mais pas n’importe quel baudet ! Son compagnon de randonnée, Patrick, dévoile une fameuse personnalité qui va forcer Antoinette à cheminer, sur les sentiers escarpés comme dans ses pensées…

L’intrigue d’Antoinette dans les Cévennes peut sembler extrêmement ténue, pourtant au cœur de cette trame, se glissent une foule de détails et d’anecdotes qui font sens, et quelques belles surprises aussi. Pour maintenir tout cela en équilibre sur le fil du récit, il faut toute la palette de jeu de Laure Calamy, révélée au grand public par la série française Dix pour cent où elle tient le rôle d’une amoureuse transie.

Pour garder le projet sur la bonne voie et le mener à bon port, la jeune femme a le pied sûr et l’enthousiasme communicatif, elle ne tarde donc pas à transmettre son entrain à tous. Courageuse, souriante, volontaire, elle séduirait un âne buté, la preuve par P comme Patrick.

Paysages grandioses et sentiments exacerbés: Caroline Vignal se joue avec bonheur de ses deux composants indispensables à un récit au parfum de comédie même si les réflexions qu’il entraîne sont plus denses et profondes qu’il n’y paraît… Laure Calamy est parfaite dans le rôle d’Antoinette, personnage à la fois solaire et fantasque, désarmant et drôle, téméraire et déterminé, fragile, pathétique par instants et, pourtant, si touchant.

Sur les pas de Robert Louis Stevenson

Ode à la lecture (Antoinette s’inscrit dans les pas du fameux roman de l’Écossais Robert Louis Stevenson : son Voyage avec un âne dans les Cévennes), ode au temps qui passe lentement, aux vraies rencontres et à la bienveillance, le film trouve des échos dans la période que nous venons de traverser avec ces moments de solitude, d’envie de nature et d’évasion, de besoin de contacts humains.

On y goûte des moments suspendus et d’autres en apesanteur, emplis de cette douceur humaine et de ces échanges qui ont résonné différemment pendant le confinement.

On ressort de la salle comme après avoir pris un grand bol d’air grâce à ce film parsemé d’instants de bonheur simple et d’infinis paysages, sorte de voyage initiatique. Un récit porté par des personnages inspirés de ceux rencontrés par la réalisatrice au cours de son propre voyage en famille dans les Cévennes.

Antoinette dans les Cévennes Récit de voyage De Caroline Vignal Scénario Caroline Vignal Avec Laure Calamy, Benjamin Lavernhe, Olivia Côte, Marie Rivière Durée 1h35.

© DR