Cinéma Ce "troisième opus" se joue des codes des comics afin de questionner la fascination de l'Amérique pour les super héros.

Cela fait 20 ans que les fans attendaient la suite d’Incassable. Cette fois, c’est la bonne : Bruce Willis renfile bien sa cape imperméable pour redevenir le "Superviseur", ce justicier aux os incassables. Il ne doit ici plus seulement faire face à Mr Glass, l’homme aux os de verre (Samuel L. Jackson), mais aussi à La Horde, personnage introduit il y a deux ans dans Split . Une nouvelle occasion pour James McAvoy de faire preuve de ses talents de caméléon, en incarnant une quinzaine de personnages (dont La Bête), qui cohabitent dans la tête d’un jeune homme atteint d’un très sévère trouble dissociatif de l’identité. Tout ce beau monde se retrouve dans le quartier pénitencier ultra-sécurisé d’un hôpital psychiatrique de Philadelphie, sous la supervision d’une psychiatre dont le sujet de recherches est une forme de mégalomanie avancée, qui pousse certains patients à se prendre pour des super-héros…


Avec Glass, Night M. Shyamalan poursuit sa réflexion, entamée il y a 20 ans, sur la fascination de l’Amérique pour les héros, les justiciers et les vilains. La tonalité est toujours la même. Pas question pour le cinéaste de signer un film de super-héros classique, façon Spider-Man ou Batman. Son récit, il l’ancre au contraire dans une forme de réalisme quotidien, accentué par une mise en scène toujours aussi implacable, centrée sur l’omniprésence des caméras de surveillance dans la société américaine (Shyamalan s’offre d’ailleurs un caméo en agent de sécurité…).

Moins ambigu qu’à l’accoutumée, maniant l’ironie et le second degré, le réalisateur de Signes ou du Sixième Sens se prend en effet moins au sérieux depuis son excellent The Visit en 2015. Mais il reste un conteur hors pair. Et se concentre sur le plaisir de se jouer des attentes du spectateur (il n’est pas pour rien le maître du twist final).

En rendant hommage aux comics , Shyamalan place le public en terrain connu. Il en surjoue d’ailleurs les codes : chaque personnage a son surnom, son costume, son super-pouvoir et son talon d’Achille. Tandis que le cinéaste coche toutes les cases du genre, en faisant grimper la tension jusqu’à la grande confrontation finale. Sauf que, comme le personnage de M r Glass, Shyamalan est un mastermind et réussit à tromper le spectateur, tout en lui racontant pourtant qu’il est en train de le faire ! Si, l’effet de surprise étant passé, Glass n’est pas aussi fort qu’ Incassable ou que Split , qu’il reste agréable de se faire promener ainsi par le maître du suspense quand il est à son meilleur ! Et ce n’est sans doute pas fini. Très ouverte, la fin peut faire rêver les fans à une suite…

Glass - Thriller fantastique De M. Night Shyamalan. 

Scénario M. Night Shyamalan - Avec Bruce Willis, James McAvoy, Samuel L. Jackson, Sarah Paulson, Anya Taylor-Joy… Durée 2h09.

© Note de La Libre