Cinéma

Elles s’appellent Francine, Rosalie, Béatrice, Christel ou Marie-Virginie. Elles ont entre 20 et 65 ans et sont femmes de ménage, comme on dit. Elles préfèrent "aides-ménagères". Dans leur documentaire, qui rajoute un point d’interrogation au titre du roman de Zola, Gaëlle Hardy et Agnès Lejeune veulent rendre leur dignité à ces femmes qui, une ou deux fois par semaine, entrent dans l’intimité d’un million de familles belges. Depuis 2004 et l’introduction des titres-services, 165 000 femmes sont en effet sorties du travail au noir. De quoi en faire le second secteur professionnel en Belgique, après la construction.


Pourtant, en donnant la parole à huit aides-ménagères en région liégeoise, qui confient leurs joies et leurs peines dans l’exercice de leur métier, les documentaristes montrent combien ce système contribue à maintenir ces femmes dans une forme de précarité. Salaire minimal et temps partiel sont en effet le lot de ces travailleuses. Sans parler des cas de harcèlement sexuel ou des problèmes de santé liés à un travail répétitif pénible. Mais ce dont elles souffrent le plus, c’est de la déconsidération pour leur métier. "Nettoyer, ça ne veut pas dire que les gens sont analphabètes ou ignorants. C’est un métier comme un autre…", explique l’une d’elle. Quand une autre raconte avoir parfois eu l’impression d’être "l’esclave du jour" dans telle famille…

En filmant ces femmes que l’on croise souvent sans les connaître vraiment, Au bonheur des dames ? force le spectateur à se poser la question de sa propre relation à sa "femme de ménage"… Et ce de façon très juste, en montrant ces femmes au travail de façon frontale, mais aussi, par moments, plus poétique. Comme lorsque Hardy et Lejeune filment, avec pudeur et respect, la danse gracieuse de Rosalie avec sa raclette…

Scénario & réalisation : Gaëlle Hardy et Agnès Lejeune. 1 h 08.

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