Baby blues

CinémaVidéo

A.Lo.

Publié le - Mis à jour le

Baby blues
© Nicolas Schul

Nicolas et Barbara se sont rencontrés et aimés en rêvant de cinéma. Le songe revient à la réalité quand la nature fait son œuvre. Pour Barbara, la vie n’est bientôt plus un long fleuve tranquille. Commencent neuf mois de réflexion, entre bonheur vertigineux, angoisses abyssales et métamorphose physique et hormonale, la libido connaissant des très hauts et du très bas. Passé l’accouchement, les choses reviendront-elles à la normale ou l’heure du baby blues va-t-elle sonner prématurément ?

Rémy Bezançon porte à l’écran le best-seller de la philosophe Eliette Abecassis, écrit à contre-courant des idées reçues sur la maternité. Avec sa femme Valérie Portal, le réalisateur de "Le premier jour du reste de ta vie" tempère la charge par la comédie (avec une foule d’idées savoureuses), surtout dans la première partie, petite merveille de mécanique comique et tendre enlevée. Louise Bourgoin et Pio Marmai y forment un couple et un duo ravissant et charmant - Josiane Balasko complétant la partition en mère ex-soixante-huitarde, et rentre dans le lard, revenue de (presque) tout. Formellement, Rémy Bezançon pratique toujours un cinéma chaleureux, usant du montage, de la musique, de l’étalonnage pour appuyer les humeurs et sentiments de ses protagonistes - et distiller par instant la magie d’un conte de fées sur la relation de Barbara et Nicolas.

La deuxième partie du film tend vers le drame sentimental et est définitivement sans concession sur la maternité : être ou ne pas être un utérus ou une vache à lait, telle est la terrible question à laquelle Barbara finit par répondre de radicale manière. Faut dire qu’en la matière, elle n’aura guère été aidée par son intransigeant Nicolas qui a dû rater quelques épisodes des relations homme-femme depuis un quart de siècle - à moins que la France ne soit définitivement un pays d’indécrottables machos ? C’est le seul écueil d’un film qui - à trop charger la barque de l’un, absent du roman, pour garder le projecteur sur l’autre, (anti)héroïne au centre de celui-ci - s’avère inégal, quoique irrésistiblement séduisant.

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