Les flics de Miami sont de retour pour une troisième enquête sur des chapeaux de roue.

À l’issue d’une évasion ultra-violente d’une prison mexicaine, une femme retrouve son fiston. "Ton papa a caché ses millions de dollars là-bas : va les chercher et reprends le contrôle de Miami !" Et le brave garçon de s’exécuter, en mettant en branle le plan de vengeance de sa madre. En commençant par descendre, en plein Ocean Drive à Miami Beach, le lieutenant Mike Lowrey (Will Smith). Sous les yeux de ses collègues de la police de Miami, dont son "bad boy for Life" Marcus Burnett (Martin Lawrence). Mince ! Marcus - on connaît la chanson depuis L’Arme fatale - est trop vieux pour ces conneries ; il voulait prendre sa retraite…

Producteur de quelques-uns des plus gros cartons du film d’action hollywoodien, Jerry Bruckheimer surfait, en 1995, sur le succès de son Flic de Beverly Hills en invitant le duo comique Will Smith et Martin Lawrence à se glisser dans la peau de deux flics de Miami prêts à un usage immodéré de la violence pour arrêter les méchants. Confiés à Michael Bay, Bad Boys et sa suite en 2002 ont connu un vrai succès. Quinze ans plus tard, Bruckheimer a choisi de confier ce troisième volet à Adil El Arbi et Bilall Fallah (qui ont d’ailleurs été attachés au Flic de Beverly Hills 4, avant que le projet ne soit repris par Netlfix)…


Mise en scène elliptique

Au générique d’ouverture, le film est simplement signé "Adil & Bilall". Comme deux potes qui réaliseraient un petit film amateur. Sauf qu’après le choc de Black (qui suivait Image et fut suivi de Patser , pour une trilogie sur la délinquance à Bruxelles), les jeunes cinéastes flamands d’origine marocaine sont ici à la barre d’une machine de guerre hollywoodienne. Et l’on voit leurs yeux qui pétillent ! Ils s’en donnent donc à cœur joie : courses-poursuites, fusillades, explosions à tout va, plans aériens nocturnes de Miami… Et leur style n’a pas changé, toujours aussi épileptique, avec des plans dépassant rarement les 5 secondes. On est dans un film d’action et on l’assume. Clinquante à souhait, comme dans un clip de rap américain, la réalisation du tandem correspond aux cahiers des charges.

Même si Adil et Bilall peinent à amener leur identité (à part leur directeur photo Robrecht Heyvaert et une page de pub pour l’excellence de la FN Herstal). Ainsi, on ne retrouve ici aucune forme d’ambiguïté. Tout est noir ou blanc, avec de gentils flics américains et de cruels truands mexicains. Tandis que, comme c’était déjà le cas dans ses films belges, le duo filme la violence avec une complaisance dérangeante, à coups de ralentis, de cuts, de drones…

Au milieu de tout cela, Will Smith fait du Will Smith et Martin Lawrence est chargé de la partie comique (si l’on peut dire). Mais, comme leurs personnages, le tandem est rouillé, vieillissant. L’alchimie ne prend plus. Ne reste dès lors qu’une interminable (plus de 2 h !) grosse production américaine bien réac, pour ne pas dire trumpienne, qui justifie sans cesse le recours à la violence plutôt qu’au dialogue. Triste de voir deux jeunes cinéastes belges mêlés à cela.

Bad Boys for Life Comédie policière De Adil El Arbi et Bilall Fallah Scénario Chris Bremner, Peter Craig et Joe Carnahan Avec Will Smith, Martin Lawrence, Vanessa Hudgens… Durée 2h03.

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