Bénabar, entre Bourdon et Balasko, dans une comédie de boulevard. C’est du lourd.

"Sur une idée originale de Bruno Bénabar". Il ne faut pas prendre ici le mot "original" dans son sens créatif - qui n’a pas de modèle connu, qui est hors du commun - mais plutôt dans sa signification originelle, légale, celle de "acte, document, exemplaire revêtu de la signature de l’auteur".

Le problème, c’est le mot idée. Parler d’idée à propos de scénario, est aussi incongru que de parler de gauche à propos d’Alain Mathot.

Impossible, en effet, de qualifier d’idée, la pénible succession de quiproquos bêtas qui accablent le pauvre Bruno Bénabar parce qu’il a échangé sa chambre avec une jolie collègue lors d’un voyage d’affaires. Bénabar aimerait sans doute que l’on qualifie d’idée le fait que les parents de la fille prennent sa défense au prétexte qu’ils sont impatients d’être grands-parents et que ça va prendre des plombes si leur fille doit se trouver un autre mec.

Non seulement le réalisateur et coscénariste, Héctor Cabello Reyes enchaîne des saynètes comme Bénabar fait rimer amour et toujours, mais il a demandé à ses acteurs de jouer "appuyé", comédie franchouillarde pur beurre. Didier Bourdon y met tout son poids. Josiane Balasko, aussi, elle qui, parfois, peut se montrer si subtile, grâce à dieu. Charlie Bruneau ayant été choisie pour sa transparence, HC Reyes offrait ainsi à Bruno Bénabar l’occasion d’exposer toute sa palette de comédien.

Hem ! Y aurait-il pas plutôt un désistement aux Francos ? Un grand bal du 14 juillet ? Un podium "jyfoutout" sur la grand-place ? Voire un duo avec Ruggero Raimondi qui joue le grand-père.

Beaux-Parents Comédie poussive De Héctor Cabello Reyes Scénario Héctor Cabello Reyes, Bénabar Avec Josiane Balasko, Didier Bourdon, Bénabar Durée 1h 24.

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