Cinéma

Ben is Back Tire-larmes De Peter Hedges Avec Julia Roberts. Durée 1h 42

S’il était noir, il serait en prison", s’énerve, le beau-père, lui-même black, en voyant Ben se pointer la veille de Noël. A part sa mère et le chien, personne n’est ravi de le voir débouler par surprise. D’ailleurs, sa maman a dû batailler pour obtenir de son nouveau mari que Ben reste 24 h. La condition : elle ne le quitte pas des yeux. Il va faire pipi, elle le suit.

De retour de la messe de minuit, la famille découvre la porte de la maison forcée et le sapin à l’horizontale. Le chien, lui, a disparu. Si Ben veut le récupérer, il va devoir faire le tour de ses potes. Et avec sa maman qui va ainsi tout savoir sur ses fréquentations. Et nous aussi. En fait, pas vraiment, car il s’agit surtout de nous montrer une mère courageuse, exemplaire, prête à prendre tous les risques pour son fils. Elle est une image pieuse illustrant le caractère inconditionnel de l’amour maternel et offrant à Julia Roberts l’opportunité d’occuper tout l’écran pour un grand numéro solo. C’est qu’elle a fait le ménage autour d’elle, pas un acteur pour lui faire de l’ombre, pas un metteur en scène pour la soulager de quelques caisses, alors qu’elle en fait déjà tellement. Elle n’écoute que le cadreur et le maquilleur. Ses fans inconditionnels seront contents, ils en auront pour leur argent. Les autres, venus voir un film, nettement moins. Le scénario est si prévisible qu’on n’a aucune raison de s’inquiéter pour le chien. Le seul suspense, c’est Julia Roberts. Retrouvera-t-elle son talent du temps de Erin Brockovich ? Pourquoi depuis Eat Pray Love, les réalisateurs dignes de ce nom, négligent-ils la pretty woman ?

© IPM