Mais comment fait Sarah Jessica Parker pour rejouer la même partition ? D’accord, il est moins question de sexe ici, et elle troque Boston contre New York en guise de city. Mais elle ressort tailleur chic, ordinateur et téléphone portables et voix off pour raconter la vie compliquée de Kate. Cette zélée analyste financière essaye de consacrer du temps à son mari et ses deux enfants entre deux voyages d’affaires. Déjà au bord du burn out, mais entendant les dents de son rival racler le bureau de son boss, elle s’investit à fond dans le projet d’investissement de Jack, Donald Trump des années 2000.

"Etre mère d’une gamine de deux ans, c’est comme être star de cinéma dans un monde sans critique", professe Kate. Serait-ce un aveu ? A force de répéter à l’envi les mimiques de l’ingénue gauche (à se demander comment Kate est arrivée au sommet qu’elle occupe), SJP n’est plus qu’une caricature d’elle-même. Faut la voir se gratter nerveusement le cuir chevelu en faisant de pathétiques clins d’œil à la presse féminine ("Hé ! les filles, j’ai de l’autodérision !") De surcroît, adapter en 2011 un best-seller de 2002 engendre un vague anachronisme : difficile de faire frémir aux soucis de spéculateurs roués, alors que les ressacs de l’interminable crise financière se font toujours sentir. Quand Jack tombe la veste pour disputer une partie de bowling avec les ploucs sur les fonds de pension desquels il fait son beurre, même aux Etats-Unis, certains ont dû rire jaune.

Réalisation : Douglas McGrath. Avec Sarah Jessica Parker, Pierce Borsnan, Greg Kinnear, 1h35.