Diane Kruger remporte le prix d'interprétation féminine et Joaquin Phoenix le prix d'interprétation masculine. La coproduction belge "Loveless" remporte le prix du jury. Le grand prix du jury va à "120 battements par minutes". Et la Palme d'Or est remportée par "The Square" de Ruben Östlund.

Une scène autour d'un préservatif, un sauvage qui sème la panique dans un dîner mondain, une conférence de presse qui vire à l'obscène: le film suédois "The Square", qui a remporté la Palme d'or dimanche soir, se moque du monde de l'art et a fait rire aux éclats le Festival de Cannes. Dans le long-métrage de Ruben Östlund, rien ne se passe comme prévu pour le héros, Christian (l'acteur danois Claes Bang), conservateur d'un musée d'art contemporain qui prépare une exposition sur la tolérance et la solidarité.

Au centre de la performance, un carré de 4 mètres sur 4 (The Square), "sanctuaire de confiance et de bienveillance" où les visiteurs sont censés exprimer ces valeurs. A l'extérieur, dans la vraie vie, ce sont deux mondes, celui des grands bourgeois cultivés et celui des immigrés, des Roms et des SDF, qui évoluent en parallèle. Le détonateur du télescopage entre ces deux univers sera le vol du portable, du portefeuille et des boutons de manchettes du conservateur alors qu'il porte secours dans la rue à une femme poursuivie par un homme violent. Un stratagème évidemment.

Pour récupérer son bien, Christian va oublier "le politiquement correct" à la suédoise et écrire une lettre de menaces qu'il va aller distribuer, avec des gants - on n'est jamais trop prudent - dans les boîtes aux lettres d'une HLM de banlieue où vit son voleur.


Le film français "120 battements par minute", Grand prix du 70e Festival de Cannes

Le film français "120 battements par minute" de Robin Campillo, fresque sur les années sida à Paris, a reçu dimanche soir le Grand prix du 70e festival de Cannes, a annoncé le jury présidé par Pedro Almodovar. "Ca a été une aventure aussi collective, une histoire qui l'a été tout autant. On est jamais aussi grands, beaux et forts qu'à plusieurs", a déclaré le réalisateur en recevant son prix.

Encore peu connus, l'acteur d'origine argentine Nahuel Pérez Biscayart (vu dans "Grand central" de Rebecca Zlotowski) et Arnaud Valois crèvent l'écran, aux côtés d'Adèle Haenel, également au casting. Ni nostalgique, ni documentaire, le film montre un activisme mené bien avant l'ère des réseaux sociaux, mais fait aussi la part belle, dans sa dernière partie, à une bouleversante histoire d'amour entre Sean, malade du sida, et Nathan, qui ne l'est pas.

Le troisième film du Français Robin Campillo fait le pari du collectif, là où de nombreuses oeuvres sur l'épidémie qui a fait des ravages dans la communauté homosexuelle s'attardent sur des destins individuels. Il est question de la mort évidemment, mais aussi du combat contre l'indifférence, les laboratoires et la maladie.

De l'aventure Act Up, le réalisateur restitue les opérations spectaculaires à coups de jets de poches de faux sang, les débats pour décider des actions à mener, mais il montre aussi le sexe, l'amour, les gay pride et les soirées au son de house music, qui donne son titre au film.

Collaborateur de longue date du cinéaste Laurent Cantet (Palme d'or 2008 avec "Entre les murs"), Robin Campillo s'est entouré pour son film de Philippe Mangeot, ancien président d'Act Up de 1997 à 1999 pour écrire le scénario.

Très ému, Almodovar partage son enthousiasme pour "120 battements par minute"

Le président du jury cannois, l'Espagnol Pedro Almodovar a exprimé son enthousiasme et son émotion pour le film français "120 battements par minute", fresque sur les années sida en France, qui faisait partie des favoris pour la Palme d'or.

Ce film qui raconte les combats de militants homosexuels a finalement remporté dimanche soir le Grand prix lors du 70e Festival de Cannes.

"J'ai adoré", a affirmé le cinéaste espagnol, lui-même homosexuel, lors de la conférence de presse après la cérémonie de clôture de Cannes.

"J'ai été très touché du début à la fin, et même après", a-t-il dit.

"La majorité écrasante d'entre nous a aimé le film qui va être bien accueilli, c'est certain et on se souviendra de ce qui s'est passé dans ce pays il y a pas si longtemps", a-t-il ajouté.

Le Français Robin "Campillo raconte l'histoire de héros qui ont sauvé de nombreuses victimes", a souligné Pedro Almodovar, très ému.


La coproduction belge "Loveless" du Russe Andrey Zvyagintsev remporte le Prix du Jury

La coproduction belge "Loveless" du Russe Andrey Zvyagintsev a remporté dimanche soir le Prix du Jury lors de la 70e édition du Festival de Cannes, a annoncé le jury lors de la cérémonie de clôture. Coproduit par "Films du Fleuve" des frères Dardenne, "Loveless" ("Nelyubov") raconte l'histoire de deux parents tellement préoccuppés par leur divorce et la préparation de leur avenir respectif qu'ils semblent n'avoir que peu d'intérêt pour leur fils, jusqu'à ce que ce dernier disparaisse.

Sous la présidence de Pedro Almodóvar, le jury est composé de l'acteur américain Will Smith, de la réalisatrice et actrice française Agnès Jaoui, du réalisateur italien Paolo Sorrentino, de la réalisatrice allemande Maren Aden, de l'actrice américaine Jessica Chastain, du réalisateur sud-coréen Park Chan-wook, du compositeur français Gabriel Yared et de l'actrice chinoise Fan Bingbing.


Joaquin Phoenix prix d'interprétation masculine pour "You Were Never Really Here"

L'Américain Joaquin Phoenix a reçu dimanche le prix d'interprétation masculine du 70e Festival de Cannes pour sa performance dans "You Were Never Really Here", de la Britannique Lynne Ramsay. Dans ce thriller psychologique, l'acteur de 42 ans impressionne en vétéran du Vietnam, traumatisé, mutique et ultra-violent, qui doit exfiltrer une adolescente d'un réseau de prostitution. Massif, présent sur tous les plans, il crève l'écran, le visage tuméfié mangé par une barbe épaisse.


L''Allemande Diane Kruger prix d'interprétation féminine pour "In The Fade"

L'Allemande Diane Kruger a reçu dimanche le prix d'interprétation féminine du 70e Festival de Cannes pour son premier grand rôle dans une production allemande, "In The Fade" du réalisateur Fatih Akin. L'ancienne top-modèle blonde, exilée à Hollywood, habituée des rôles dans des superproductions, joue une mère de famille qui se venge après la mort de son mari, d'origine turque, et de son fils, dans un attentat commis par des néo-nazis.


Nicole Kidman reçoit un prix spécial pour le 70e anniversaire du Festival de Cannes

Le jury a remis un prix spécial "du 70e anniversaire du Festival de Cannes" à l'actrice américaine Nicole Kidman, à l'affiche de deux films en compétition, "Les Proies" de Sofia Coppola et "Mise à mort du cerf sacré" du Grec Yorgos Lanthimos. "Je t'aime, merci beaucoup, et j'espère à très très bientôt", a déclaré l'actrice américaine, déjà repartie de Cannes, par message vidéo, lors de l'annonce de son prix.


Le Palmarès

Caméra d'Or: "Jeune femme" de Léonor Serraille.

Court métrage: "Xiao Cheng Er Yue" de Qiu Yang

Prix du scénario: Lynne Ramsay pour "You were never really here" et Yorgos Lanthimos pour "The Killing of Sacred Deer Review"

Prix du jury: "Loveless" (Nelyubov) de Andreï Zviaguintsev (coproduction belge)

Prix d'interprétation féminine: Diane Kruger pour "In The Fade"

Prix d'interprétation masculine: Joaquin Phoenix pour "You Were Never Really Here"

Prix de la mise-en-scène: Sofia Coppola pour "Les Proies"

Grand prix du jury: "120 battements par minutes" de Robin Capillo

Prix spécial du jury: Nicole Kidman

Palme d'Or: The Square de Ruben Östlund