Jodie Foster, toujours la reine de Cannes: "Cela fait du bien, le glamour"

Elle a reçu une Palme d'or d'honneur en ouverture du Festival: "S'ouvrir et se donner aux spectateurs me procure toujours la plus grande joie", a-t-elle expliqué dans un français parfait.

Jodie Foster, toujours la reine de Cannes: "Cela fait du bien, le glamour"
©AFP

Doria Tillier s'est démenée en maîtresse de cérémonie de ce 74e Festival de Cannes. Elle a fait preuve d'humour ("C'est beau de retrouver une salle pleine à craquer. Et qui plus est une salle remplie d'anonymes"), rendu hommage au 7e art ("On va partager et, qui sait, peut-être partir différent. Ce n'est pas facile de faire changer les mentalités"), à tous les métiers qui rendent les films si impressionnants, elle s'est même essayée à l'anglais ("C'est bien car maintenant, Adam Driver sait qu'il peut communiquer avec moi s'il le veut"), fait preuve de beaucoup d'élégance, mais malgré cela, la barre était placée trop haute.

Face à elle se trouvait Jodie Foster, sublime dans une robe blanche ornée de motifs argentés, décontractée, aussi à l'aise en français que dans sa langue maternelle, qui a accaparé toute la lumière. Et une Palme d'or d'honneur amplement méritée pour l'ensemble de sa carrière, loin d'être finie à 58 ans.

Souriante au moment d'une standing ovation qui lui était réservée, elle a profité de l'instant. "Merci. Alors, ça fait du bien de sortir, hein ! Beaucoup ont passé une année confiné dans leur petite bulle, isolé, d'autres ont vécu la peur, la souffrance, et nous voilà de retour dans nos jolies fringues. Cela fait du bien, le glamour." Même si avant de remercier sa femme, Alexandra, elle a avoué qu'il n'y avait "rien de mieux que de passer une soirée en jogging."

"Pendant un an, le cinéma a été ma bouée de sauvetage, a-t-elle poursuivi. Les salles étaient fermées, mais le cinéma continuait. Après 55 ans de métier (elle a débuté dans la pub à l'âge de deux ans et demi, ndlr), j'apprécie l'évolution de l'art. Cela m'inspire. Cette énergie va tous nous faire redécouvrir la magie des images. Le cinéma est là pour ça, toucher, connecter, transformer. S'ouvrir et se donner aux spectateurs me donne toujours la plus grande joie. Je ne perdrai jamais la gratitude pour le cinéma."

Et de conclure: "Je suis reconnaissante envers cet endroit magique qui a lancé ma carrière (avec Taxi Driver en 1976, ndlr). De retour dans cette salle pour me nourrir de cinéma: qu'est-ce que je suis fière de faire partie de cette communauté et de voir ce que le futur nous réserve, tous ensemble."

Après ça, il ne restait plus à Bong Joon-ho et Spike Lee d'ouvrir le Festival. Histoire de rester sur un moment de grâce avec une des plus grandes comédiennes du cinéma mondial.


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