Pas de film belge en lice à la Quinzaine des réalisateurs

La principale section parallèle cannoise a dévoilé, ce mardi matin, la sélection, très cosmopolite, de sa 54e édition, qui se déroulera du 18 au 27 mai. Au menu, notamment, Alex Garland, Pietro Marcello, Mia Hansen-Løve, Alice Winocour ou Philippe Faucon.

Pas de film belge en lice à la Quinzaine des réalisateurs
©D.R.

C'est ce mardi à 11h qu'a été dévoilée la programmation de la 54e édition de la Quinzaine des réalisateurs, la plus importante section parallèle du Festival de Cannes, dont la sélection officielle avait quant à elle été annoncée jeudi dernier. Et ce n'est pas du côté de la Quinzaine que l'on pourra découvrir de nouveaux films belges sur la Croisette (en plus de Tori et Lokita de Luc et Jean-Pierre Dardenne et de Close de Lukas Dhont, qui concourront pour la Palme d'or). Toute possibilité n'est ceci dit pas encore envolée, puisqu'on attend encore la programmation de la Semaine de la Critique et de l'ACID.

En début de conférence de presse, depuis le Forum des Images à Paris, Frédéric Farrucci, l'un des trois directeurs de la Société des réalisateurs de films, qui organise la Quinzaine, a tenu à recarder sa vision d'un "film de cinéma", qui est, pour lui, une oeuvre pensée entièrement (en termes de mise en scène, de narration, de temporalité…) pour la salle de cinéma. "Et ce sans jugement de valeur, puisqu'il existe d'excellents téléfilms et films de plateformes", a-t-il précisé. Et c'est d'ailleurs à une grande amoureuse du grand écran que sera remis cette année le "Carrosse d'or": l'Américaine Kelly Reichardt, l'autrice des magnifiques Night Moves ou First Cow, qui présentera par la même occasion son nouveau film, Showing Up en Compétition officielle.

En hommage aux cinéastes ukrainiens

Frédéric Farrucci a par ailleurs dédié cette 54e Quinzaine des réalisateurs au cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, "qui a choisi de prendre les armes pour défendre son pays" et "à toutes nos consoeurs et confrères qui, en Ukraine ou ailleurs, sont aujourd'hui contraints de faire la guerre plutôt que des films". Avant de se désoler de la quasi absence du thème de la culture lors des débats de l'élection présidentielle française.

Délégué général en fin de mandat de la Quinzaine, l’Italien Paolo Moretti et son comité de sélection ont ensuite détaillé le menu de cette Quinzaine 2022, qui se compose de 24 longs métrages — dont un film asiatique qui sera annoncé la semaine prochaine, en même temps que les courts et moyens métrages. Avec toujours la même ambition: amener à Cannes des réalisateurs qui n’ont encore jamais foulé la Croisette. C’est le cas, cette année, pour 18 cinéastes. Tandis que la sélection compte pas moins de huit premiers films et qu’elle accueille 11 réalisatrices.

Pietro Marcello en ouverture

Très remarqué à la Mostra de Venise en 2019 avec Martin Eden — adaptation transposée dans l'Italie pré-fasciste du classique de Jack London —, Pietro Marcello fera l'ouverture, le 18 mai, avec son nouveau film L'Envol. S'inspirant cette fois d'un conte de l'écrivain russe Aleksandr Grin (Les Voiles écarlates), le cinéaste italien signe une fable teintée de réalisme magique dans le nord de la France au sortir de la Grande Guerre, avec Juliette Jouan, Louis Garrel et Noémie Lvovsky.

Le 27 mai, la Quinzaine se clôturera avec Le Parfum vert de Nicolas Pariser, avec Vincent Lacoste et Sandrine Kiberlain. Le réalisateur du très beau Alice et le maire en 2019, livre ici une comédie policière sur fond de meurtre d'un comédien de la Comédie-Française.

Un premier film d’Annie Ernaux

Entre les deux, la Quinzaine dévoilera une sélection très cosmopolite, qui fera voyager de la Tunisie au Soudan, de l'Irlande aux États-Unis, en passant par le Chili et la France. C'est évidemment l'Hexagone qui fournit le plus gros contingent de films, avec des noms comme ceux de Mia Hansen-Løve (L'Avenir), qui présentera Un beau matin avec Léa Seydoux et Melvil Poupaud, de Léa Mysius (Ava), qui dévoilera Les Cinq diables avec Adèle Exarchopoulos, de Philippe Faucon (César du meilleur film en 2015 pour Fatima) avec Les Harkis ou encore d'Alice Winocour, de retour, après Proxima, avec Revoir Paris, où Benoît Magimel donne la réplique à Virginie Efira que l'on annonce "bouleversante". Quand la grande écrivaine Annie Ernaux (dont l'adaptation du livre L'Événementavait décroché le Lion d'or à la dernièreMostra de Venise) fera, à 81 ans, ses débuts de réalisatrice aux côtés de son fils, grâce au documentaire Les Années Super-8, où elle poursuit au grand écran sa démarche autobiographique, à partir de films de famille tournés de 1976 à 1981.

Enfin, notons encore la présence à la Quinzaine de l'actrice québécoise Charlotte Le Bon, avec son premier film Falcon Lake, du Suisse Lionel Baie, qui signe La Dérive des continents (aka Sud), une comédie politique avec Isabelle Carré, ou encore, en séance spéciale, du Britannique Alex Garland, remarqué avec son premier film Ex-Machina en 2014, et qui est de retour avec Men, avec Jessie Buckley.

La sélection

  • 1976 de Manuela Martelli (Chili)
  • El Agua d'Elena López Riera (Espagne) Premier film
  • Les Années Super-8 d'Annie et David Ernaux (France) Documentaire. Premier film
  • Ashkal de Youssef Chebbi (Tunisie) Premier film
  • Le Barrage (The Dam) d'Ali Cherri (Liban) Premier film
  • Les Cinq diables de Léa Mysius (France)
  • De humani corporis fabrica de Verena Paravel et Lucien Castaing-Taylor (France) Documentaire
  • La Dérive des continents (au Sud) de Lionel Baier (Suisse)
  • L'Envol de Pietro Marcello (Italie/France) Ouverture
  • Enys Men de Mark Jenkin (Grande-Bretagne)
  • Falcon Lake de Charlotte Le Bon (Canada) Premier film
  • Feu follet de Jõao Pedro Rodrigues (Portugal)
  • Funny Pages d'Owen Kline (États-Unis) Premier film
  • God's Creatures d'Anna Rose Holmer et Saela Davis (Irlande)
  • Les Harkis de Philippe Faucon (France)
  • Men d'Alex Garland (Grande-Bretagne) Séance spéciale
  • La Montagne de et avec Thomas Salvador (France)
  • Pamfir de Dmytro Sukholytkyy-Sobchuk (Ukraine) Premier film
  • Le Parfum vert de Nicolas Pariser (France) Clôture
  • Revoir Paris d'Alice Winocour (France)
  • Sous les figues d'Erige Sehiri (Tunisie) Premier film
  • Un beau matin de Mia Hansen-Løve (France)
  • Un Varón de Fabián Hernández (Colombie) Premier film