Ophélie Bau, une des actrices principales de "Mektoub My Love: Intermezzo" d'Abdellatif Kechiche, qui fait scandale à Cannes par sa manière de filmer les corps féminins, n'a pas participé vendredi à la conférence de presse du film, qui s'est déroulée dans une ambiance électrique.

L'actrice, nommée aux César pour sa prestation dans le premier volet de "Mektoub My Love", n'était pas non plus présente à la séance photo de l'équipe. Dans les deux volets de cette ode au désir sur plusieurs heures, elle incarne Ophélie, une jeune femme callipyge et sensuelle, filmée sous toutes les coutures.

"J'ai essayé de montrer ce qui me fait vibrer moi, des corps, des ventres", s'est justifié Kechiche lors d'une conférence de presse, où les acteurs ont à peine pris la parole.

Le projet du film était de "célébrer la vie, l'amour, la musique, le corps et de tenter une expérience cinématographique et de chercher d'autres formes de narration peut-être en essayant de briser les formes narratives...", a affirmé Kechiche, s'exprimant derrière ses lunettes fumées. "Je filme cette magie du corps, bien sûr que tout le monde ne peut pas ressentir cette impression que j'essaie de transmettre", a-t-il poursuivi, avant de louer le "talent" de ses acteurs. "Ils n'ont pas peur de franchir des barrières, de sortir des sentiers battus."

Le réalisateur a en revanche refusé de revenir sur ses méthodes de travail. "Ça a été un plaisir" de tourner avec Kechiche, s'est contentée de dire l'actrice Hafsia Herzi, découverte dans "La graine et le mulet" du réalisateur d'origine tunisienne.

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Six ans après la Palme d'or puis la polémique autour de "La vie d'Adèle" et ses conditions de tournage décrites comme "horribles" par une des actrices, Abdellatif Kechiche a secoué le Festival de Cannes avec "Mektoub My Love: Intermezzo", une expérience de 3h28 radicale jusqu'à l'overdose, dont les trois quarts se déroulent en boîte de nuit.

Plusieurs spectateurs ont quitté la salle pendant la projection officielle, dont Ophélie Bau, qui n'était plus là lorsque les lumières se sont rallumées.

A la fin du film, le réalisateur a quitté précipitamment les lieux après avoir lancé au micro: "Je m'excuse de vous avoir retenus sans vous prévenir et voilà je m'en vais!"

Précédé d'une rumeur sulfureuse, ce film en lice pour la Palme d'or contient comme attendu son lot de surprises et de provocations, dont une scène de sexe oral très crue de 13 minutes.

En octobre dernier, le parquet de Paris a ouvert une enquête après une plainte à son encontre d'une femme de 29 ans pour agression sexuelle. Début mai, une source proche du dossier avait indiqué que l'enquête était toujours en cours et le cinéaste toujours pas auditionné.

Interrogé à ce sujet vendredi, le réalisateur a jugé "la question malsaine", précisant avoir "la conscience tranquille au niveau des lois".

"Dites ce que vous avez vu avec vos yeux, car vous êtes critique de cinéma, ne parlez pas trop de moi", a-t-il lancé à la fin de la conférence de presse.