Festival de Cannes 1987. Cette année-là, enfin, le rédac’chef de La Cité m’a dit oui pour le Festival de Cannes. 15.000 FB pour 15 jours, c’était trop beau. Merci, Monsieur Heinen. Merci, merci, merci.

Primo : l’accréditation. Deuzio : un logement. Des amis journalistes qui n’en étaient pas à leur première édition me proposent de partager leur chambre d’hôtel, 1000 FB par jour à diviser par trois.

7 mai 1987, Cannes nous voilà après une nuit de train, complètement blanche. Trop excité pour dormir. Il n’y a pas une minute à perdre, juste le temps de déposer la valise à l’hôtel, de foncer aux accréditations et, avec un peu de chance, arriver juste à temps pour la projection de presse du film d’ouverture Un homme amoureux de Diane Kurys à 10 heures.

Évidemment, la chambre est tout en haut, sans ascenseur. La file aux accréditations est pire qu’à la poste. Me laissera-t-on rentrer à 10h10 ? Le contrôleur est d’accord si je lui montre mon badge. Ah oui, mon badge. "Iléou" mon badge ? Pas dans mon pantalon, pas dans la poche de ma chemise, pas dans mon portefeuille. Pas dans mon sac. "Iléou" mon sac ? Non, c’est pas vrai. En moins de 200 mètres (et de 30 secondes), je viens de paumer le sésame du festival.

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