Festival de Cannes "Once Upon a Time in Hollywood "est plaisant mais confine à la bêtise quand il revisite l’histoire. 

La bousculade fait partie de la mythologie cannoise. Elle n’est pas due à un défaut d’organisation, elle est organisée pour créer l’événement. La bousculade pour Pulp Fiction fut mémorable en 94. Celle de Once Upon a Time in Hollywood n’avait rien à envier.

Il y a des titres qui imposent le respect. Appeler son film Once Upon a Time in Hollywood, c’est dire : je veux me mesurer à un maître (Sergio Leone), moi aussi je peux révolutionner la mise en scène, je peux réaliser un chef-d’œuvre absolu du calibre Once Upon a Time in America.

Acteur et cascadeur

Rick Dalton (Leonardo DiCaprio) est la vedette d’une série western, un chasseur de primes dont les téléspectateurs commencent à se fatiguer. Il est inséparable de Cliff Booth (Brad Pitt), son cascadeur, sa doublure, son chauffeur aussi depuis qu’on lui a retiré son permis. C’est qu’il a tendance à picoler depuis qu’il sent sa carrière glisser. Géographiquement, sa situation reste toutefois prestigieuse, son voisin de villa hollywoodienne n’est autre que Roman Polanski et sa charmante femme Sharon Tate (Margot Robbie), les symboles du nouvel Hollywood alors Rick sent bien qu’il incarne l’ancien.

Un producteur (Al Pacino) veut d’ailleurs lui proposer d’aller tourner des westerns en Italie. On pense que Tarantino va nous faire un portait d’un Eastwood. Pas du tout. On voit assez vite où il veut en venir, mais on ne peut pas divulgâcher.

Ce qu’on peut dire, en revanche, c’est que Tarantino tarantine beaucoup. Et pour ceux qui aiment les tarantinades, c’est un festival. C’est même la totale. Tous ses clichés, tous ses tics y sont, il a dû tenir une check-list.

Ca commence dès le prologue avec une petite séquence noir et blanc. Le film démarre dans une rutilante Cadillac, au son des tubes des sixties, de Mrs Robinson à Billy Joe Royal et son Hush, un vrai juke-box. On connaît le fétichisme du réalisateur pour les pieds, on est rapidement fixé sur les pompes de son duo, il s’attardera plus longuement sur les bottes blanches de Sharon Tate et les pieds d’une hippie posés sur le pare-brise.

Le plat de résistance, ce sont les longues scènes dialoguées, celle entre Al Pacino et Dicaprio est lumineuse. Il y a, bien sûr, les morceaux de bravoure dont raffolent les acteurs. DiCaprio est bien servi, quand il doit incarner un acteur ringard, sans le charger. Et Brad Pitt défie le dogme qui veut que les spectateurs regardent plutôt le chien que le comédien dans une scène. Il y a des formules qui claquent, quand Rick qualifie Cliff d' "un peu plus qu’un ami et un peu moins qu’une épouse". La pop culture est omniprésente, les décharges d’extrême violence aussi et sa façon de réécrire, l’histoire confine à la bêtise.

Once Upon a Time in Hollywood est à l’évidence son hommage au cinéma, lequel consiste, pour lui, à jouer avec les acteurs, les costumes, les décors, les tubes, les références. Il se fait plaisir et il est content pour lui. Pour les autres, ça se regarde et ça s’oublie.