"Army of the Dead": Zack Snyder revient à ses premières amours

CinémaCritique

Alain Lorfèvre

Publié le - Mis à jour le

Zack Snyder plonge des mercenaires dans un Las Vegas infesté de super-zombies.

"Army of the Dead": Zack Snyder revient à ses premières amours
© CLAY ENOS/NETFLIX

Chant du cygne zombie ou nouveau reboot ? En 2004, Zack Snyder a contribué à ressusciter les morts-vivants avec son remake survitaminé du Dawn of the Dead de George A. Romero (qui remontait à 1974).

On pourrait gloser à l’infini sur le détournement du film original, critique ironique la société de consommation(1), pour engendrer, paradoxe, une surexploitation commerciale qui a vu se succéder les Walking Dead, World War Z, Zombieland et autres variants asiatiques.

Comment ne pas se répéter ? Réponse : greffer sur le genre d’autres. Soit, ici, les films de casse et de commando. Passé un générique où Snyder résume le déclenchement de l’apocalypse zombie et les faits d’armes de ses héros (écho à l’ouverture de son Watchmen), le décor est planté.

Non sans ironie, le Ground Zero de l’épidémie est Las Vegas, symbole de toutes les décadences de l’Amérique. Alors que la zone doit être atomisée, un homme d’affaires mandate un vétéran de la guerre contre les zombies (Dave Bautista) pour aller récupérer les millions de dollars qui dorment dans le coffre d’un casino.

Mission impossible, façon Ocean’s Eleven au pays des morts. En l’occurrence, ils sont dix mercenaires plus la fifille du héros. Le reste suit le schéma attendu. Le résultat est un peu inégal. Mais le film a le charme brut de décoffrage propre aux origines bis du genre.

Références et air du temps

Snyder jongle avec les références : on pense moins à Romero, qu’au John Carpenter de New York 1997 mâtiné du Aliens de James Cameron (références revendiquées par le réalisateur).

À l’ombre du zombie, on entraperçoit le zeitgeist. Le mur qui confine Vegas rappelle un fantasme trumpiste. Les camps de réfugiés qui l’entourent sont un autre écho de l’époque. Leurs occupants en quarantaine sont monitorés à coups de thermomètre frontaux - singulière prémonition d’un film écrit avant la pandémie.

Snyder demeure un réalisateur hollywoodien singulier. Les héros qui entrent dans son enfer abandonnent tout espoir, qu’ils soient vigils costumés (Watchmen), guerriers spartes (300) ou demi-dieux (Justice League). Mais son cœur vibre pour les zombies. Plus vivants que morts, ils incarnent une évolution de l’espèce, dont le leader, surnommé Zeus, est paré des reliques des übermensch de la filmographie du réalisateur : la cape de Superman, le haume du Léonidas de 300 ou du Batman de Dawn of Justice.

La fascination de Snyder pour l’Apocalypse et la violence, sous couvert de grand spectacle, a des relents parfois inquiétants. Mais elle n’est peut-être, encore une fois, que le reflet de son temps. En 2004, Dawn of the Dead s’interprétait à l’aune du 11-Septembre et s’achevait sur l’idée qu’il n’existait plus de lieu sûr dans le monde. En 2021, les morts de l’armée du titre sont peut-être les vétérans des guerres perdues de l’Amérique, qui n’ont plus que leur vie à mettre en jeu pour quelques dollars de plus.

Army of the Dead Zeitgeist zombie De Zack Snyder Scénario Zack Snyder, Shay Hatten, Joby Harold Photographie Zack Snyder Musique Junkie XL Avec Dave Bautista, Ella Purnell, Ana de la Reguera, Nora Arnezeder,… Durée 2h28

  • 1. Une poignée de rescapés de l’apocalypse zombie se barricadaient dans un centre commercial, tentant d’y retrouver leur American Way of Life, tandis que les morts-vivants, comme mus par un ultime réflexe pavlovien, s’agglutinaient autour.

© Cote LLB

© CLAY ENOS/NETFLIX

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