Staline avait coutume de dire que le crime n’existait pas au paradis (soviétique)… Brillant agent du MGB (l’ancêtre du KGB), Leo Demidov y croit dur comme fer. Orphelin des famines d’Ukraine, le gamin a fui l’orphelinat pour s’engager dans l’Armée rouge et est sorti de la guerre en héros. Promis à un bel avenir dans les services de renseignement russe, il trébuche sur un simple test de loyauté, où on lui demande de choisir entre sa fidélité au régime et sa femme Raisa. Choisissant la seconde, il est rétrogradé et muté dans une petite ville de province… Là, il commence à enquêter sur l’assassinat de jeunes enfants, que le régime préfère faire passer pour des accidents…

Après un essai hollywoodien ("Safe House" avec Denzel Washington en 2012), le Suédois Daniel Espinosa signe un thriller britannique adapté d’"Enfant 44", premier volet d’une trilogie à succès de l’Anglais Tim Rob Smith, jeune auteur d’une trentaine d’années qui replonge dans la Russie soviétique sans l’avoir jamais connue. Le film donne la même impression de manque de vérité. Malgré une reconstitution qui se veut soignée de la Russie de la fin des années 50, "Child 44" ne se sert de son paysage historique que comme d’une simple toile de fond, incapable de décrire, sinon à coups de caricatures grossières, la réalité de cette société paranoïaque. Même si cette histoire s’inspire vaguement d’un vrai tueur en série, Andrei Chikatilo, surnommé l’"éventreur de Rostov".

Dans cette Russie soviétique de pacotille, les acteurs (aucun Russe…) cabotinent à qui mieux mieux. Sauf Tom Hardy, totalement monolithique dans le rôle du héros vengeur qui, seul contre tous, remet le régime en question. Avec une rédemption finale sous forme de happy end assez niaise.

© D.R.
 Réalisation : Daniel Espinosa. Scénario : Richard Price (d’après le roman de Tom Rob Smith). Avec Tom Hardy, Joel Kinnaman, Noomi Rapace… 2h17.