Cinéma Le film belge est précédé d’une notification sur la plateforme Netflix.

C’est étonnant comme une seule critique peut totalement transformer la perception d’un film. Auréolé de ses triomphes cannois et d’une nomination au Golden Globe du meilleur film étranger, Girl était considéré, jusqu’au mois de décembre, comme un gros outsider pour les Oscars. Et une des réalisations les plus intéressantes de 2018. Puis, dans The Hollywood Reporter, le chroniqueur Oliver Whitney, réputé outre-Atlantique pour la défense des transgenres, a flingué la production belge, la qualifiant de "film le plus dangereux sur un personnage trans depuis des années". À ses yeux, l’œuvre faisait preuve de "voyeurisme", de "sadisme" , et virait au "bloody horror show". L’impact fut tel aux USA que Girl ne se retrouva même pas dans la présélection des neuf meilleurs films étrangers pour les Oscars.

Et l’histoire ne s’arrête pas là. Depuis vendredi, le parcours de la jeune danseuse née garçon est proposé sur le continent nord-américain par Netflix. Mais il est destiné à un "public averti" et précédé d’une notification : "Ce film traite de sujets sensibles et inclut du contenu sexuel et une scène d’automutilation."

Netflix renvoie aussi vers la page Girlmovie.info, dont les premiers mots précisent que "Les actions détaillées dans ce film de fiction sont extrêmement dangereuses et ne devraient pas être tentées." Quand on voit la violence insoutenable de nombreux films américains, pourtant jamais précédés de notes, on peut quand même s’étonner du sort réservé à Girl.