Une semaine après la réouverture des cinémas, le 1er juillet dernier, les exploitants de salles, sondés par l'agence Belga, ont pu tirer un premier bilan, sans toutefois avancer de chiffre précis: l'intérêt du public est bien présent. 

Grâce aux mesures mises en place pour contrer la propagation du virus, les spectateurs n'ont pas eu peur de retourner voir des films. Les salles obscures, l'odeur du popcorn, les sièges en velours,... Le public a pu retrouver ces plaisirs, après presque quatre mois de fermeture à la suite du confinement. Mais on ne va plus au cinéma comme avant, nombre de mesures devant être respectées: distanciation entre les spectateurs et limite de la capacité des salles, port du masque pour ceux qui le souhaitent, désinfection des sièges, etc.

"Les cinémas ont dû refuser des personnes", indique Thierry Laermans, de la Fédération des cinémas de Belgique. En effet, un tiers seulement de la capacité peut être exploitée. Mais pour M. Laermans, la réouverture des cinémas a suscité de l'engouement et attiré les spectateurs. Il constate que le public n'a pas peur d'attraper le virus, car les cinémas sont bien équipés et que les mesures contre la propagation sont bien appliquées et respectées. Ce que confirme aussi Anneleen Van Troos, directrice de la communication de Kinepolis, d'après une enquête menée auprès des visiteurs des complexes du groupe.

Cependant, la manière dont les salles sont exploitées ne peut pas être rentable à long terme. "Les cinémas sont ouverts, mais le nombre d'entrées ne peut pas être énorme", observe Thierry Laermans, formant le voeu que quelques films porteurs pourront maintenir l'intérêt du public.

Un autre obstacle est la période d'été, généralement assez creuse en termes d'affluence voire de sorties de films. Entre le beau temps et les départs en vacances, le public se rend moins au cinéma. De nouveaux films peuvent susciter un certain attrait, mais en raison de la virulence de la pandémie aux Etats-Unis, les grandes maisons de distribution risquent de reporter les sorties des gros "blockbusters". En attendant que la situation s'améliore sur le territoire américain, M. Laermans espère qu'elles rentabiliseront leurs films dans d'autres régions, comme en Europe par exemple.

"Les sorties des films américains sont reportées, ce qui ouvre une fenêtre pour les films belges et le cinéma d'art et d'essai", relève pour sa part Eric Franssen, du Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). La FWB offre d'ailleurs, pendant les dix semaines d'été, des billets d'entrée à 1 euro aux spectateurs. Ces tickets à tarif réduit sont valables pour des films d'art et d'essai dans les cinémas subventionnés. Les 1.700 billets prévus pour la première semaine ont tous été écoulés et la demande est très élevée, selon M. Franssen.