Cinéma

En 2015, Creed avait heureusement surpris, réussissant à relancer la franchise Rocky avec un film à mi-chemin entre le remake et le reboot. D’autant qu’en reléguant au second plan le personnage de Rocky Balboa, le film de Ryan Coogler mettait en lumière un héros noir : Adonis Creed, le fils de l’ancien adversaire et ami de Rocky, mort sur le ring face au géant russe Ivan Drago. Avant d’être vengé, sur le sol soviétique, par Balboa à la fin de Rocky IV.

Histoire de bien lancer la promo de Creed II, Sylvester Stallone (qui en cosigne encore le scénario) a annoncé fin novembre qu’il raccrochait définitivement les gants. Après huit films, l’acteur a estimé qu’il était temps de passer la main et de dire au revoir au personnage mythique qu’il avait créé en 1976, avec un Oscar du meilleur film à la clé et un du meilleur réalisateur pour John G. Avildsen.

Il est temps en effet de passer à autre chose. Car ce Creed II ne fait que tourner en rond, en ressassant sa bonne idée de départ. Là où Creed était un remake des deux premier Rocky, cette suite relit Rocky IV, le plus mauvais film de la saga, en rejouant, trente-trois ans plus tard, le duel Creed-Drago. La structure du scénario est identique, tout comme les enjeux pour les personnages. Seul a été (heureusement) gommé le côté très manichéen du match USA vs. URSS du film de Stallone en 1985. Mais il y a un côté totalement artificiel de voir ces "fils de" combattre au nom de leurs pères, avec tous les caméos attendus à la clé (notamment de Dolph Lundgren et de Brigitte Nielsen).

Jeune réalisateur de 30 ans inconnu, Steven Caple Jr réussit plutôt bien à entremêler les échos du passé au présent et ceux de la fiction au réel - en réutilisant les images dans anciens films ou en filmant la statue, bien réelle, de Rocky, à Philadelphie. Il filme les scènes de boxe proprement, mais sans imagination, avec des ralentis sur les mâchoires défoncées comme il y a 40 ans. Tandis que l’ambiance générale se déplace du côté du rap et de Los Angeles. Cela ne suffit malheureusement pas pour rendre palpitant un scénario totalement prévisible et qui ne cesse de creuser toujours le même thème, celui de l’héritage et de la filiation.


© IPM
Réalisation : Steven Caple Jr. Scénario : Juel Taylor Sylvester Stallone. Photographie : Kramer Morgenthau. Musique : Ludwig Göransson. Avec Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson… 2h10.