Delaporte et De La Patellière composent un duo d’auteurs qui fait les beaux jours des théâtres de boulevard et aussi des cinémas depuis l’adaptation à l’écran de leur Prénom. Patrick Bruel est un peu leur acteur fétiche, leur porte-bonheur et on le retrouve à nouveau en tête d’affiche de Le meilleur reste à venir.

Et en mauvaise posture. Il tente de stopper un bataillon d’huissiers en train de vider son appartement en menaçant de se jeter par la fenêtre. Maladroit, il glisse et se retrouve trois mètres plus bas. Il raconte sa mésaventure à Fabrice Luchini qu’on prend pour son frère. Celui-ci l’emmène aux urgences. Bruel n’a pas de mutuelle et Luchini le fait passer sur sa carte santé. Le lendemain, c’est lui qui est convoqué par un médecin car si la radio n’a pas détecté de côte cassée, elle montre des poumons métastasés qui en ont encore pour six mois. Comment dire cela à son frère ? Luchini ne trouve pas les mots - un comble - à tel point que Bruel croit que c’est Luchini qui a un cancer.

Plus c’est gros plus ça passe, dit-on mais là, c’est trop gros pour passer. Delaporte et De La Patellière ont beau rajouter beaucoup de sirop, ça rend la comédie plus répugnante et la sensiblerie plus écœurante.

Et les incohérences n’aident pas. Luchini et Bruel ne jouent pas des frères mais des amis du lycée. Luchini, 68 ans, et Bruel 60. Leur différence d’âge crève d’autant plus l’écran que Luchini ne se teint pas les cheveux. Et puis Bruel en fait des palettes alors que Luchini fait ce qu’il peut, mais il n’est pas Kad Merad non plus. On voit qu’il n’y croit pas à ce duo de beaufs. Un faux pas dans sa filmo qui le rend humain, finalement. On ne peut pas être excellent, tout le temps.

Le Meilleur reste à venir Mélodrame métastasé De Matthieu Delaporte, Alexandre De La Patellière Avec Fabrice Luchini, Patrick Bruel, Zineb Triki Durée 1h 57.

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