Cinéma

Un jour, en revenant par une petite route de campagne, Denny (Milo Ventimiglia), jeune pilote professionnel prometteur, s’arrête dans une ferme et craque pour un chiot adorable, qu’il nomme aussitôt Enzo, en hommage au célèbre créateur de Ferrari. Ces deux-là s’entendent comme larrons en foire, le chien partageant la passion de son maître pour la vitesse, l’odeur du caoutchouc brûlé et de l’huile de moteur. Un bonheur tout juste troublé par l’arrivée dans leur vie de la charmante Eve (Amanda Seyfried), suivie par celle de la petite Zoé. Mais, comme on s’en doute dans ce genre de productions hollywoodiennes familiales, les nuages vont s’amonceler au-dessus de cette parfaite petite famille américaine. Et pas seulement parce que l’histoire se déroule à Seattle, ville la plus pluvieuse des États-Unis. Ce qui explique la facilité de Denny à piloter sous la pluie…

Adaptée d’un best-seller dont seuls les Américains ont le secret, cette histoire vue et revue n’offre absolument aucune surprise, restant en permanence dans les clous du mélo familial hollywoodien. La seule originalité étant qu’elle nous est racontée du point de vue du brave chien Enzo, qui veille sur les humains et les observe attentivement, dans l’espoir de se préparer à devenir l’un d’eux dans sa prochaine vie. Quoique, même pour l’originalité, faudra repasser… Cette idée de point de vue canin sur la vie, sur fond de réincarnation, était déjà au cœur de Mes vies de chiens et de sa suite Mes autres vies de chiens (déjà sorti en Flandre et à Bruxelles et qui débarque en Wallonie le 21 août).

Prêtant sa belle voix grave à Enzo, Kevin Costner fait ce qu’il peut pour tenter d’apporter un peu de profondeur aux réflexions de son "personnage". Mais, comme si l’idée d’un chien qui parle n’était pas assez niaise, il faut en plus qu’il choisisse la Formule 1 comme philosophie de vie, à coups de métaphores bien lourdes. Face à un tel étalage de platitudes sur près de deux heures, on se demande ce qui a bien pu arriver à Simon Curtis ? Révélé sur le tard avec My Week with Marilyn en 2011, revu ensuite avec le très classique mais correct La femme au tableau en 2015, le réalisateur anglais gâche ici son savoir-faire dans un film totalement aseptisé, sans aucune personnalité.

The Art of Racing in the Rain / Dans les yeux d’Enzo Mélo familial De Simon Curtis Scénario Mark Bomback Avec Milo Ventimiglia, Amanda Seyfried, Kevin Costner (voix)… Durée 1h49.

© IPM