Cinéma Nicole Kidman dans son grand numéro aux deux visages, jeune et jolie, mûre et ravagée.

Sortant péniblement de sa voiture, Nicole Kidman titube jusqu’à une scène de crime. Est-elle ivre ? Est-elle high ? Est-elle debout sans dormir depuis plus d’une semaine ? Ses collègues pas ravis de la voir débouler dans cet état. "Qui est le macchabée avec trois balles dans le bide ?", demande-t-elle. "No ID, no idea lui, répondent-ils. Nicole, elle, a vu un billet maculé d’encre et reconnu le tatouage ; elle connaît la victime mais ne dira rien car c’est perso. C’est même la raison pour laquelle Nicole est dans cet état de puis 17 ans.

Flash-back, Nicole est alors une jeune policière, audacieuse et courageuse, au point d’infiltrer une bande de pilleurs de banques. Du point de vue dramatique, c’est généralement une garantie de tension permanente : à l’adrénaline des attaques de coffre-fort s’ajoute l’angoisse de voir l’héroïne démasquée. Surprise, pas de tension. Tout est focalisé sur Nicole Kidman dans son grand numéro aux deux visages, tantôt jeune et jolie et allumée, tantôt vieille et ravagée et éteinte. Elle est hyper concentrée sur son image et ne prête aucune attention aux acteurs qui font de la figuration et la gueule. Le spectateur applaudit les maquilleurs et puis s’occupe en cherchant invraisemblances, énormités et faux raccords.

Destroyer est moins un film qu’un véhicule à oscar, un film a performance qui doit conduire son auteur à la statuette. Tout au long, on croit l’entendre crier "je veux un oscar". Elle a dû se contenter d’une nomination aux Golden Globes. Destroyer est torpillé par Kidman qui en fait trop et Karyn Kusama, la réalisatrice, pas assez. On se souvient pourtant de Girlfight, son premier film qui révéla Michelle Rodriguez et le compositeur Theodore Shapiro.

Destroyer Thriller poisseux De Karyn Kusama Avec Nicole Kidman Durée 2h03.

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