Chakameh Chamanmah (à gauche) et Sadaf Tahérian (à droite) sont toutes deux Iraniennes. Depuis des années, les jeunes femmes sont actrices. Si elles ont commencé leur carrière dans leur pays d'origine, elles ont rapidement décidé de s'installer à l'étranger. Récemment, elles ont publié une photo d'elles non voilées sur leur compte Instagram respectif. Résultat : elles se retrouvent censurées en Iran.

La série Aseman-é man où Chakameh Chamanmah tenait un rôle était diffusée à la télévision iranienne mais le directeur de la chaîne a tenu à prendre des "mesures" pour "punir" l'actrice d'être apparue sans son voile. "Les séquences dans lesquelles Chakameh apparaît seront toutes coupées", a-t-il déclaré.

Une autre série dans laquelle jouait Sadaf Tahérian a quant à elle été purement et simplement déprogrammée.

Apparaître non voilée est dû à "un caractère faible"

Ces clichés banals font beaucoup parler en Iran. Le ministère de la Culture et de l'Orientation islamique n'a d'ailleurs pas tardé à réagir, peut-on lire sur Le Monde. "L'acte de ces deux actrices témoigne d'une manque d'affection chez elles, et de leur caractère faible. Nous ne les considérons plus comme des artistes, elles ne peuvent plus travailler officiellement", a souligné le porte-parole.

L'actrice iranienne Golshifteh Farahani qui avait choisi d'apparaître sans son voile à Hollywood aux côtés de Leonardo DiCaprio et Russell Crowe avait déjà déclenché la polémique. C'était en 2008 à l'occasion de la sortie du film "Mensonges d'Etat". Elle avait été expulsée de son pays.

Plus récemment, en 2014, l'actrice Leila Hatami alors membre du jury du 67ème Festival de Cannes avait embrassé Gilles Jacob sur la joue. Vu le tollé déclenché en Iran, elle avait été forcée de s'excuser publiquement.

Dans ce pays ultra-conservateur, on ne badine pas avec la tradition.