Les Belges repartent bredouille de la 42e cérémonie des César. Elle, de Paul Verhoeven, César du meilleur film.

On pensait qu’il n’était pas possible de battre les Victoires de la musique dans le domaine de l’ennui. On se trompait. Lourdement. Les César, version Jérôme Commandeur, s’est assimilé à un festival de gags mous, d’ironie comprise par personne dans la salle, de présentations d’une autre époque, d'enchaînements plats et de remerciements plus insipides les uns que les autres.

De ce voyage interminable au bout de l'ennui et du manque d'inspiration, sortent finalement peu de gagnants. Tout d'abord l'inattendu Juste la fin du monde (réalisation pour Xavier Dolan, acteur pour Gaspard Ulliel et montage). Puis, le touchant et rafraîchissant de Divines (premier film, espoir féminin pour Oulaya Amamra et rôle secondaire féminin pour Déborah Lukumuena). 


Isabelle Huppert, enfin, qui décroche pour Elle son deuxième César de la meilleure actrice, 21 ans après La cérémonie de Claude Chabrol. Dommage pour Virginie Efira mais c'est tout sauf une surprise tant la nommée aux Oscars était annoncée gagnante. Le long métrage de Paul Verhoven, Elle, décroche d'ailleurs le César du meilleur film.


Comme on pouvait s'y attendre, nos représentants sont repartis bredouille. Jonas Bloquet a été devancé par Niels Schneider (Diamant noir) pour l'espoir masculin, La fille inconnue des frères Dardenne a été supplanté par Moi, Daniel Blake pour le César du film étranger et la coproduction belge La tortue rouge, a aussi été battue par ce petit bijou qu’est Ma vie de Courgette, un film fait “en hommage aux marginaux, éloge de la faiblesse, pour apprendre aux enfants la richesse de la différence" et qui a aussi reçu le César de l'adaptation.

De cette soirée, on retiendra surtout le numéro de George Clooney. Il a fait le show avec des traductions (volontairement) approximatives de Jean Dujardin. Puis a attaqué Donald Trump : “Le monde vit des moments horribles, il évolue mais pas toujours dans le bon sens. Nous, citoyens du monde, nous devons nous battre très fort pour que la haine ne triomphe pas. N’ayons pas peur des autres.” Avant de trouver des circonstances atténuantes au président, qui n’a fait qu’exploiter une situation existante : “La faute n’est pas dans les étoiles mais en nous-mêmes.”


Enfin, il a rendu hommage à son épouse : “Amal, chaque jour, je suis encore plus heureux d’être ton mari. Même si je suis un peu anxieux de ce qui nous attend dans les prochains mois. Je t’aime.”

Mais le moment le plus émouvant fut sans conteste l'hommage rendu à Jean-Paul Belmondo, ému aux larmes, entouré par Guy Bedos, Claudia Cardinale, Claude Brasseur ou Jean Dujardin. "Je vous remercie de vos applaudissements. Cela me va droit au coeur. C'est films ont pu se faire grâce à ma mère. Quand j'étais jeune et que j'allais au théâtre, tout le monde me disait que j'avais une sale gueule. Ma mère m'a dit d'avoir du courage comme mon père. Et c'est ce qui fait que je suis là." C'est peu mais ce moment-là était beau.