"La magie m'obsédait", confie l'acteur oscarisés qui incarne Newt Scamander (Norbert Dragonneau en français) dans Les animaux fantastiques

Pull-over d’un vert à rendre jalouse une grenouille souffreteuse, cheveux qui défient les lois de la gravité, une tasse de thé posée devant lui et une bonne dose d’autodérision qui le pousse à rire de tout : Eddie Redmayne pourrait difficilement cacher ses origines britanniques. Ce qui tombe plutôt bien, dans la mesure où son personnage dans Les animaux fantastiques , Newt Scamander, a tout de “l’Englishman in New York” avec sa valise bourrée de créatures aussi étranges qu’illégales, son vocabulaire continental (il parle de “Moldus” là où les Yankees ne voient que des “No-Majs” ) et ses bonnes manières.

 

“J’avais postulé pour le rôle de Tom Jedusor pour La chambre des secrets, raconte-t-il, hilare. J’ai pu juste dire deux phrases avant d’être viré de l’audition ! Il fallait changer mes cheveux, modifier mes dents, et comme j’étais jeune et un peu arrogant, je ne voulais pas (rire). C’était idiot car je suis fan d’Harry Potter, dont j’ai lu tous les livres. Je n’en suis donc pas revenu quand on m’a confié le rôle de Newt Scamander. Surtout sans passer d’audition (rire).”

L’effet Oscar ?

“Non. Je tournais déjà The Danish Girl et on m’avait proposé le rôle quand j’ai reçu l’Oscar. Je reçois plus de propositions désormais, mais je n’ai pas changé : je veux toujours me battre pour dépasser les attentes, surprendre, décrocher des rôles où on ne m’attend pas.”

Une franchise, ce n’est pas l’idéal pour ça…

“Je vois cela différemment. C’est rare de pouvoir approfondir un personnage. Souvent, on est frustré de tout ce qu’on laisse de côté. Et tous les deux ans, il faut être meilleur, trouver des idées originales et percutantes. Deux ans, cela laisse le temps aussi de tourner des films indépendants ou plus personnels. Généralement, le premier film d’une franchise sert surtout à présenter les personnages et à introduire la suite. Dans le cas présent, l’histoire se tient totalement et constitue un tout en soi.”


Comment joue-t-on face à des animaux fantastiques créés par effets spéciaux ?

“Je pensais que ce serait difficile, que cela réclamerait beaucoup d’efforts, mais la manière de travailler sur le plateau m’a finalement apporté beaucoup de liberté. Pour l’Occamy (un croisement bleu Roy de serpent et d’oiseau, ndlr), par exemple, trois personnes indiquaient où il se trouvait. Et les mouvements de la caméra, pendant les répétitions, me permettaient de voir comment il se déplaçait. Après, je pouvais laisser voguer mon imagination. J’adore ça… Pour le Niffler (une facétieuse petite taupe qui amasse tout ce qui a de la valeur financière, ndlr), j’étais aidé par Pablo, un véritable artiste qui mimait chacune des expressions de l’animal. C’était un spectacle à lui tout seul. J’ai donc demandé à ce qu’il soit toujours face à moi, derrière la caméra, quand je devais jouer avec le Niffler. À la fin, je connaissais tellement bien les qualités de chaque animal que je leur parlais dans ma tête ou qu’on venait me demander conseil pour les scènes où ils apparaissaient sans moi (rire).”


Vous aimez les animaux ?

“Disons que je suis extrêmement allergique aux chats. Et aussi un peu aux chevaux. Avant, j’avais un chien. Oui, j’aime les animaux.”

Vous croyez en la magie ?

“Quand j’étais plus jeune, la magie m’obsédait. Le surnaturel ne m’attirait pas, mais un couloir de métro à l’odeur fétide suffisait à me donner l’impression d’entrer dans le monde d’Harry Potter (rire). Mon petit frère se moquait de moi pour ça. Au contraire de ma grand-mère, dont le plaisir consistait à m’amener dans des magasins de magie. Aujourd’hui, j’ai un bébé de 5 mois et ça, c’est magique !”