Et revoici le Muppet Show !

Cinéma

A.Lo.

Publié le - Mis à jour le

Et revoici le Muppet Show !
© ©Disney Enterprises

Les marionnettes désopilantes de feu Jim Hanson - qui connurent la gloire au petit écran, 120 épisodes d’une demi-heure durant, de 1976 à 1981 - rempilent. Kermit la grenouille, Piggy la cochonne, Fozzie l’ours intellectuel, Gonzo l’acrobate, Animal ou le chef suédois avaient déjà tenté, jadis, leur chance au grand écran - sans beaucoup de succès.

Cette nouvelle adaptation, bien que plus réussie, démontre pourquoi : hors de leur théâtre, l’humour des Muppets est, au mieux, gentil, au pire, bêtement potache. Il leur faut le répondant d’un "invité du jour" ou la parodie des succès de la culture populaire du moment pour briller. Comment, sinon, faire évoluer dans la "vraie" vie ces marionnettes séminales ?

Le biais est, ici, d’imaginer Walter, un Muppet quidam ayant grandi dans une petite ville du Midwest. Lui qui a toujours rêvé de Muppet Show, a un jour la chance de se rendre à Hollywood pour visiter le studio de ses idoles. Déception : celles-ci ont mis la clé sous le paillasson et les lieux sont en passe d’être rachetés par le vilain Tex Richman qui flaire sous le terrain une belle nappe de pétrole. Walter et son ami humain Gary (Jason Segel, sorte de Dany Boon ricain) entreprennent alors de retrouver la troupe des Muppets pour racheter l’endroit.

Ce périple occupe la première moitié du film avec quelques rares moments de grâce. Kermit est un retraité quatre étoiles, tandis que Fozzie cachetonne dans un bouge de Reno; que Gonzo s’est reconverti dans la cuvette de WC ou que Miss Piggy est devenue rédactrice en chef de "Vogue" Paris ! Plus drôle, Animal suit une thérapie de groupe (avec Jack Black !) pour dompter sa légendaire agressivité (qui en faisait un batteur de légende ). Le scénario suit son cours sans surprise, entrecoupé de quelques instants de comédie musicale - où, heureusement, la dimension kitsch est assumée et la mise en abyme prévaut.

Mais c’est dans la deuxième partie, lors du show de la dernière chance, que la magie opère à nouveau. Dans leur élément naturel, les Muppets redonnent leur pleine mesure, avec Jack Black en invité malgré lui, une parodie du "Smell Like Teen Spirit" de Nirvana, et un instant de pure poésie. Et, en bonus final, la reprise du culte "Mah Nà Mah Nà" par les Snouths (qui marqua la première apparition des Muppets, dans "1 Rue Sésame", en 1969). Le scénario rejoint alors la motivation profonde du film : on est prêt à signer pour revoir les Muppets chaque semaine sur le petit écran. En espérant qu’ils y retrouvent un peu de l’esprit caustique qu’ils semblent avoir perdu - contamination de l’air consensuel du temps.

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