Alexandre est écrivain. Même en week-end chez ses parents, dans leur maison au bord de l’eau, il travaille tout le temps.

Toujours à la recherche d’un endroit discret pour écrire, c’est dans la cabane que son père vient le déranger. Il lui fait part de ses réflexions sur l’existence mais, agacé, Alexandre lui demande de se barrer. Ce qu’il fait pour de bon en tombant raide mort.

Voilà qui laisse des traces, un trauma. Notre écrivain voit désormais son père partout et celui-ci ne se prive pas de lui commenter ses moindres faits et gestes et réflexions. Comme Alexandre est le seul à le voir et l’entendre, sa femme, sa mère, son frère, son fils s’inquiètent de l’entendre parler tout seul.

Eric Besnard a trouvé là un moyen de visualiser cette frustration de n’avoir pas pu dire à son paternel ce qu’il avait à lui dire. Le dispositif permet de vaincre le remords, le problème, c’est que père et fils n’ont que des banalités à partager. Ce n’est pas Mme Muir et son fantôme ; Eric Besnard n’est pas Joseph Mankiewicz, non plus. Mais, même si le scénario est trop dilettante, il permet de se rendre compte que chacun vit son chagrin à sa manière.

Rappelons qu’il s’agit dune comédie et qu’il faut rire. Alors, Eric Besnard tente une association un peu contre-nature en mélangeant des acteurs de familles différentes. Josiane Balasko, François Berléand et Guillaume De Tonquédec font partie de ceux qui jouent plutôt lourd, appuyé. Ils sont confrontés à Isabelle Carré et Jeremy Lopez (de la Comédie-Française) dont l’approche est plus subtile, plus stylée. On met un temps à s’y faire et cela sauve plutôt le film qui, dans cette maison enchantée, prend des airs de conte.

L’Esprit de famille Comédie hybride De Eric Besnard Scénario Eric Besnard Avec Guillaume De Tonquédec, François Berléand, Josiane Balasko Durée 1h 38

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