Comme les socialistes français, Vin Diesel et ses potes ne savent plus qui trahir, ni derrière qui rouler.

Des portes coulissantes géantes s’ouvrent dans l’arrière-boutique d’une poissonnerie new-yorkaise. Dwayne Johnson, Jason Statham et leurs potes découvrent alors un garage géant avec des dizaines de voitures bariolées comme ils les aiment : une Lamborghini orange fluo, une Bentley bicolore, un pick-up haut sur pneus et même un petit tank ultraléger. Leurs yeux brillent comme ceux d’un petit garçon qui vient de renverser son coffre rempli de petites autos pour jouer avec des copains. Tiens, voilà Vin Diesel venu faire vroum vroum avec eux.

Et si on disait que c’était toi le traître aujourd’hui, celui qui roule pour les méchants ? Et c’est parti pour une histoire où les voitures se mettraient en route toutes seules. Une histoire où les voitures tomberaient du ciel. Une histoire où les voitures feraient la course avec un sous-marin. Une histoire où cinq dingos du volant sauveraient le monde de la troisième guerre mondiale.

"Fast and Furious" ne s’encombre pas de réalisme, pas même un minimum. On voit des soldats flottants en plein ciel entrer dans un avion en plein vol. Personne ne se préoccupe du degré minima de crédibilité sans lequel le suspense ne peut s’enclencher. D’ailleurs, il n’y en a aucun, de suspense. Il s’agit juste d’en mettre plein la vue au moyen de trois ingrédients : bombasses, cascades de voitures et débauche pyrotechnique. Le poste essentiel est celui d’ailleurs des effets spéciaux. Même Charlize Theron y est passée. Leur énormité doit hypnotiser le spectateur, déconnecter son cerveau. Sinon, c’est la céphalée, notre matière grise n’étant pas en mesure de résister plus de deux heures à pareil niveau de bêtise.


© IPM
Réalisation : F. Gary Gray. Avec Vin Diesel, Dwayne Johnson, Jason Statham, Charlize Theron… 2h16.