Festival de Cannes 2013: Le palmarès complet !

AFP Publié le - Mis à jour le

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"La vie d'Adèle" est "une très belle histoire, un amour magnifique auquel tout le monde peut s'identifier, peu importe la sexualité", a estimé dimanche Steven Spielberg, le président américain du jury.

"Nous avons été privilégiés de voir ce film, et non gênés", malgré des scènes de sexe très explicites, a-t-il déclaré. "C'est l'histoire d'un amour profond, magnifique. Le réalisateur n'a pas du tout bridé le récit. Nous étions sous le charme du film, avec des actrices formidables. Le réalisateur a permis aux personnages de prendre réellement vie", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Interrogé sur les éventuelles difficultés que pourrait rencontrer le film dans certains pays et États américains conservateurs, le président du jury a souligné que "ce critère n'a pas compté", saluant le réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche pour "avoir eu le courage de raconter ce récit".

Steven Spielberg s'est déclaré certain que "La Vie d'Adèle" rencontrerait "un large public et une belle réussite aux Etats-Unis". "Ce n'est pas la politique qui nous a influencés mais le film", a-t-il encore dit alors qu'a eu lieu le même jour à Paris une manifestation de masse contre le mariage homosexuel.

L'acteur Daniel Auteuil, seul Français du jury, n'a pas non plus souhaité lier ce film à la controverse suscitée en France par l'adoption d'une loi permettant le mariage homosexuel. "Le prix me parlait d'autre chose", a-t-il commenté devant la presse, "il me parle de sentiments humains extrêmement normaux et de la naissance du désir chez une jeune fille". "Cette histoire d'amour m'a envoûté", a ajouté Daniel Auteuil. "Ce n'est pas un film gay", a insisté le réalisateur roumain Christian Mangiu, en louant l'incroyable "compréhension du cinéma" du cinéaste Abdellatif Kechiche.

Kechiche et ses deux interprètes Palme d'or pour "La vie d'Adèle"

Le réalisateur Abdellatif Kechiche et ses deux actrices Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux se sont vus décerner ensemble dimanche la Palme d'Or du 66e festival de Cannes pour le film français "La vie d'Adèle". Il s'agit du seul film estampillé belge de la sélection officielle.

Une partie du film a été tournée en Belgique. Il a également été soutenu financièrement par 19 entreprises belges via le Tax Shelter qui montre ainsi son intérêt et son mécanisme.

"Encore un exemple frappant du succès du Tax Shelter et sa capacité à attirer des productions internationales en Belgique pour le bénéfice des techniciens et prestataires de l’audio-visuel belge", lit-on dans un communiqué de Scope Invest, pionnier de ce mécanisme en Belgique. "La comédienne belge, Catherine Salée, qui joue le rôle de la mère d’Adèle, a également participé à ce film grâce à son talent ...et au Tax Shelter!" précise-t-il.

Les deux actrices françaises Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux étaient quant à elles en pleurs en cette fin de cérémonie. Avec le réalisateur, elles ont été longuement ovationnés pour ce film racontant la passion brûlante entre deux femmes.

Le prix d'interprétation féminine à Bérénice Bejo dans "Le Passé"

Le prix d'interprétation féminine a été décerné dimanche à l'actrice franco-argentine Bérénice Bejo pour son rôle de mère déchirée dans "Le Passé" de l'Iranien Asghar Farhadi.

En pleurs, l'actrice de 36 ans a remercié Asghar Farhadi pour son rôle dans ce drame familial étouffant.

Le prix d'interprétation masculine à Bruce Dern dans "Nebraska"

Le prix d'interprétation masculine a été décerné dimanche à l'Américain Bruce Dern, 76 ans, pour son rôle de vieil homme acariâtre dans "Nebraska" du réalisateur Alexander Payne.

Le cinéaste américain a reçu le prix au nom de Bruce Dern, absent de la cérémonie.

Le Grand prix à "Inside Llewyn Davis" des frères Coen

Le Grand Prix du festival de Cannes a été décerné à Joel et Ethan Coen pour "Inside Llewyn Davis", un film nostalgique et drôle sur le Greenwich village de 1961 et la musique folk qui commençait tout juste à y résonner.

Dans ce film bourré d'humour où la musique occupe une place centrale tout comme les chansons interprétées en direct, l'étoile montante du cinéma américain, Oscar Isaac, se révèle un musicien et chanteur de folk accompli, tandis que la pop star Justin Timberlake, son ami dans le film, quitte la pop pour la musique folk avec une contagieuse jubilation.

Le prix du scénario au Chinois Jia Zhangke pour "A touch of sin"

Le réalisateur chinois Jia Zhangke, 43 ans, a reçu le prix du scénario pour son film choc "A touch of sin" (un soupçon de péché), qui s'attache a dépeindre l'envers du décor en Chine.

Dans cette sombre fresque épique, il montre la violence d'une société en plein boom économique minée par la corruption, la pauvreté et la violence.

Le prix du Jury au Japonais Hirokazu Kore-Eda pour "Tel père, tel fils"

Le prix du Jury a été remis dimanche au réalisateur japonais Hirokazu Kore-Eda pour "Tel père, ton fils", un film délicat sur la paternité et la filiation.

"Tel père, tel fils" raconte l'histoire d'une "famille idéale" japonaise, qui vole en éclats quand la maternité de l'hôpital apprend aux parents que leur véritable enfant a été échangé à la naissance avec un autre.

Palme d'or du court métrage au Coréen Byoung-gon Moon brouillon

La Palme d'or 2013 du court métrage a été attribuée dimanche soir à Cannes à "Safe" (Corée du Sud) de Byoung-gon Moon.

Le court métrage de 13 minutes évoque une vendeuse de billets de loterie, dont les arnaques sont découvertes et qui cherche à échapper à ceux qu'elle à spoliés.

Neuf courts métrages étaient en compétition officielle du 66e Festival de Cannes.

La réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion, Palme d'or en 1993 pour "La Leçon de piano" et Palme d'or du court métrage en 1986 pour "Peel", présidait le jury. Le comité de sélection pour la Palme d'or du court métrage avait reçu 3.500 oeuvres, représentant 132 pays de production différents.

Caméra d'or pour "Ilo ilo", la famille en crise selon Anthony Chen

Le long métrage "Ilo ilo" du réalisateur singapourien Anthony Chen, qui pose un regard sur une famille en crise, a été récompensé dimanche par la Caméra d'Or 2013 distinguant le meilleur premier film de toutes les sections du festival de Cannes.

Anthony Chen, 28 ans, n'est pas un inconnu à Cannes : en 2007, l'un de ses premiers courts métrages, "Ah Ma (Grandma)", en lice pour la Palme d'or de la catégorie, a décroché une mention spéciale, devenant ainsi la première oeuvre cinématographique de Singapour primée sur la Croisette.

Présenté en première mondiale et sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs, "Ilo ilo" est en grande partie autobiographique. Comme l'enfant de la famille qu'il décrit, Anthony Chen a été élevé en partie par une domestique et a vu aussi son père en plein désarroi après avoir perdu son travail dès le début de la crise asiatique dans les années 90.

Avec "Ilo ilo", il passe en revue tous le spectre des sentiments dont la jalousie, mais aussi l'humiliation qui sous-tend les relations entre l'employée de maison et la mère de famille, s'estimant déposséder de ses prérogatives.

Fraîchement arrivée des Philippines, Térésa, la domestique soumise, aspire avant tout à une vie meilleure, comme beaucoup de ses compatriotes. Son arrivée complique encore un peu plus les rapports déjà tendus entre les parents et leur fils.

Une complicité très fort s'installe entre l'enfant et Térésa et s'affirme de jour en jour. La jeune femme devient progressivement un membre officieux de la famille, une situation imposant une redistribution des rôles au détriment de la mère.

AFP

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