Cinéma

Welcome to New York", adaptation de l’affaire DSK au grand écran, n’est pas encore sorti - en France, il sera distribué en vidéo à la demande, et non en salles, à partir du 17 mai - qu’il crée déjà le scandale… Hier, dans un entretien au "Journal du Dimanche", le coproducteur français du film d’Abel Ferrara, Vincent Maraval, a frappé fort. "Je ne suis pas adepte de la théorie du complot, explique-t-il. Mais là, les faits parlent pour moi et illustrent, à l’instar de ce que nous subissons depuis trois ans, les relations incestueuses qu’entretiennent dans ce pays les élites, les politiques, les médias." Il cible très spécifiquement UGC, l’un des plus gros exploitants de salles en Europe, qu’il accuse de tenter "d’empêcher la sortie du film sur ses écrans en Belgique en faisant pression sur ses exploitants". Et d’ajouter : "Deux partenaires médias importants nous demandent de retirer leur logo sur l’affiche. Ça me sidère !"

Alain Sussfeld, directeur général d’UGC, a rétorqué à l’Agence France-Presse que "dès l’instant où une œuvre ne donne pas la priorité à la salle, nous n’en n’assurerons pas la diffusion sur quelque territoire que ce soit", France, Belgique etc. Du côté d’UGC Belgium, on se montre plus prudent… Contacté dimanche, son directeur Bruno Plantin-Carrenard, agacé, déclare que les propos de Vincent Maraval sont "totalement infondés". "C’est une façon de faire pression sur UGC !" Alors que le film doit sortir dans les cinémas belges le mercredi 21 mai, il ne confirme pas que le film sera absent de ses salles. "Ma programmatrice a vu le film. Mais la programmation n’est pas encore faite. Elle n’est définitive que le vendredi ou le lundi avant la sortie d’un film…" Du côté de chez Belga, distributeur de "Welcome in New York" en Belgique, on ne souhaitait, hier, faire aucune déclaration…

A la veille de l’ouverture du 67e Festival de Cannes, il s’agit sans doute pour Wild Bunch de faire monter la pression. Au "Journal du dimanche", Maraval affirmait en effet ne pas désespérer de voir "Welcome to New York" intégrer la Sélection officielle. "Ils ont le droit de ne pas l’aimer et de ne pas le prendre. Maintenant, il se peut que Thierry Frémaux nous appelle ce week-end ou pas. Comme il se peut qu’on accepte ou pas…"