Un film rafraîchissant comme un bonbon, tout en marins, shanties et Cornouailles.

Shanties ? Sea shanties ? Ce sont ces chansons de marins qui passent de génération en génération. Des chansons à boire et à passer du bon temps au pub. Des chansons à pleurer aussi, ceux qui sont partis en mer et ne sont jamais revenus. Ces chansons, Jim et ses collègues aiment les chanter sur leur chalutier, pendant le travail et aussi tous les vendredis, sur le port devant le pub.

C’est là, à Port Isaac, coin perdu et préservé des Cornouailles que déboulent de Londres, un vendredi soir, quatre gars venus en coup de vent enterrer une vie de garçon. Quatre cadres du music business en virée chez les péquenots.


Une méchante blague

En voyant les papys chanter, le patron a l’idée d’une bonne blague à son bras droit : lui faire croire qu’il veut absolument enregistrer ces Fisherman’s friends.

Danny s’y colle de mauvaise grâce. D’autant que l’affaire s’annonce rude. Ce n’est pas avec les arguments bidon qu’il balance à n’importe quel vainqueur de The Voice qu’il risque de les convaincre. Il lui faut y aller avec ses tripes et un peu avec son cœur, qui, contre toute attente, bat pour le tempérament revêche de la fille de Jim, le leader du groupe.

Quand les dix marins décident de lui faire confiance, son patron savoure sa farce ; mais Danny a donné sa parole. Ce n’est pas comme s’il avait dealé avec la mafia, c’est même tout le contraire, il se refuse à trahir des émotions, des valeurs, des êtres humains.

La suite, on la devine, on est clairement dans un feel good movie à l’anglaise, façon Full Monty et plus encore Les Virtuoses (Brassed Off) ou le regretté Pete Postlethwaite et Ewan McGregor animaient une fanfare chez les mineurs.

Des mélodies entraînantes, des bons sentiments, des coins et des recoins d’Angleterre à se pâmer, des personnages dessinés à la ligne claire ; Chris Foggin fait le job et livre exactement le film auquel on s’attend. On l’aurait davantage aimé avec un regard singulier, une dose réduite de sentimentalisme et une direction d’acteurs plus nuancée. Daniel Mays (Danny) est le seul à bénéficier d’un rôle avec de l’épaisseur. Mais rien de tout cela n’entrave l’efficacité d’une belle histoire vraie.


Fisherman’s friends /
Feel good movie De Chris Foggin Avec James Purefoy, Daniel Mays, Tuppence Middleton, David Hayman Durée 1h52