Depuis le 15 juin dernier, la Fédération Wallonie-Bruxelles célèbre les 50 ans de l'aide publique au cinéma francophone belge. Le Centre du cinéma a concocté une liste de 50 films (fictions, documentaires et courts métrages) qui seront tous remontrés sur grand écran dans le cadre du programme "50/50: 50 ans de cinéma belge, 50 ans de découvertes" .

Après "Les Barons" à Flagey en guise d'ouverture , place, ce vendredi 23 juin, à "Lettre d'un cinéaste à sa fille", documentaire intimiste signé Eric Pauwels en 2001. Le cinéaste sera présent pour présenter son film à 19h dans la salle Ledoux de la Cinematek. Cette projection sera suivie d'un drink.

Rens.: www.50cinquante.be  ou  http://www.cinematek.be/?node=17&event_id=400582102

© Cinematek

A l'occasion de cette projection, voici l'article que consacrait notre collègue Karin Tshidimba au film d'Eric Pauwels, lorsqu'il reçut en 2001 le prix Henri Storck  du meilleur film.


Impressionniste "Lettre à ma fille"

Cinq jurés, dont quatre réalisateurs, venant des trois points cardinaux (Italie, France, Hollande et Belgique): la diversité n'a pas nui à l'unanimité du jury du deuxième prix Henri Storck. On se souvient en effet que, l'an dernier, le consensus n'avait pu être atteint sur le nom du vainqueur qui, quoique déclaré tel, n'avait pu se prévaloir que du titre de "jeune espoir" du documentaire belge.

Rien de tout cela cette année puisque Eric Pauwels, auteur de l'onirique "Lettre d'un cinéaste à sa fille", a vu son travail d'impressionniste salué à l'unanimité. Un film très personnel qui prend l'apparence d'une boîte aux trésors pleine de bouts de vie et d'histoires, de morceaux de tissus et de musique. Ce travail de l'ombre mais de talent a été récompensé par un prix conjoint des Communautés française et flamande d'un montant de 100.000 FB.

Sur les douze documentaires belges en compétition, près de la moitié avait déjà connu une (courte) carrière en télévision ou au cinéma, tandis que seul un tiers paraissait pour la première fois devant un public de plus en plus habitué des manifestations à caractère cinématographique (Festival Filmer à tout prix, etc.).

Interroger le monde

Pratiquement uniquement composée de films en 52 minutes, la sélection 2001 peut être considérée comme un grand cru, confortant l'image d'une production riche et plurielle à la mode belge. Une sélection hétérogène, de qualité, qui interroge le monde dans ce qu'il est comme dans ce qu'il devrait être. Posant un regard acéré sur la guerre, ses ravages et ses personnages ("La mission de Victor Martin" de Didier Roten, "Seule avec la guerre" de Danielle Arbid), elle mesure aussi le poids du passé, principalement à l'enseigne des anciennes colonies ("Indépendance Cha Cha" de Jean-François Bastin et Isabelle Christiaens, "Kazungu, le métis" de Georges Kamanayo).

Une sélection qui s'interroge sur les limites de la vie en société à travers ceux qu'elle encense ("Een medaille op de kas"t de Jeannine Weyers) mais surtout qu'elle exclut ("Les enfants du Sirat" de Mustafa Balci, "La Devinière" de Benoît Dervaux). Un monde dans lequel quelques hommes sont appelés à laisser une empreinte ("Oscar Niemeyer, un architecte engagé dans le siècle" de Marc-Henri Wajnberg, "Traces" de Patric Jean avec Didier Mahieu) mais où tous aspirent à vivre en paix ("Une femme taxi à Sidi Bel-Abbès" de Belkacem Hadjadj, "Némadis, des années sans nouvelles" de Pierre-Yves Vandeweerd et Benoît Mariage).

© Cinematek

Prochains rendez-vous de la rétrospective "50/50"

  • 29 juin : Mobutu, roi du Zaïre de Thierry Michel à Bozar
  • 12 juillet-12 août : L’iceberg d'Abel et Gordon à Flagey
  • 14 juillet : Quand je serai dictateur de Yaël André à Cinematek
  • 24-29 août : Home sweet home de Benoît Lamy à Flagey
  • 27 août : Ma vie en rose d'Alain Berliner Cinematek