Il enchaîne les flops monstrueux et sa société tangue dangereusement au bord de la faillite.

C’est la fin d’une époque pour le cinéma français. Celle où il tentait encore de temps en temps de concurrencer Hollywood sur le terrain du spectacle et des stars. Aujourd’hui, Luc Besson n’enchaîne plus que les flops coûteux et sa société, qui avait produit les très rentables Cinquième élément, Taken, Le Transporteur ou Lucy, croule sous les dettes. Placée en procédure de sauvegarde depuis le mois de mai, elle devrait logiquement rapidement changer de main et tomber dans l’escarcelle de producteurs américains. L’audace n’a pas payé. C’est l’heure du grand blues pour le réalisateur du Grand bleu.

Ses amis martèlent que Luc Besson n’est pas homme à rester sur un échec. Il va revenir, c’est sûr. Mais qui acceptera de financer sa prochaine production à grand budget ? Avec Anna, très fortement inspiré de son dernier grand triomphe, Lucy, il espérait remettre son entreprise à flot. C’est tout l’inverse qui se passe. Démoli par la critique, boudé par le public, malgré un budget très "raisonnable" pour lui (30 millions d’euros), ce blockbuster va lui faire perdre de l’argent. Dans le monde, il n’a en effet rapporté que 22 millions d’euros. Et la moitié de cette somme à peine a atterri dans ses caisses, l’autre allant aux salles de cinéma. Et tout cela, sans compter les frais de promo…

Cet énorme gâchis, malheureusement, était en grande partie prévisible. Fan d’Hollywood, Luc Besson rêvait de grands shows truffés d’effets spéciaux et de stars. Le succès du Cinquième élément, après celui de Léon, l’a conforté dans cette idée. Deux autres de ses productions, Taken et Le Transporteur, vont l’enfoncer encore plus loin dans cette logique, en privilégiant le spectacle au détriment du scénario. Et lorsqu’il appliqua la recette à sa conquête des États-Unis (Malavita, Valérian, Anna) ou du cinéma d’auteur (The Lady), les réactions furent aussi négatives que violentes. Il a préféré persister dans cette voie plutôt que de se remettre en cause et de miser sur des histoires fortes, comme à ses débuts. Aujourd’hui, à 60 ans, il est dans le creux de la vague. Et l’industrie ne croit plus en lui. Une époque s’achève.