Milou voit la vie en rouge : peignoir, gants de toilette, écharpe, T-shirt. Tout est rouge, chez lui, non pas comme une fête du 1er mai, mais comme le Standard de Liège. Pour rien au monde, il ne raterait un match de coupe, de championnat ou même amical, toujours flanqué de son pote Looping (David Murgia). Quand il fait une insomnie, Milou "se" mate la vidéo d’une victoire glorieuse des "Rouches". Milou est footballique, standardodépendant. Ce qui ne fait pas son affaire quand il rencontre Martine (Léa Drucker), son élève à l’auto-école, plutôt charmante, mais allergique totale au foot : son père l’a oubliée dans une tribune de stade quand elle était gamine. Comme en plus, elle a la fâcheuse tendance à tomber amoureuse d’ados attardés - et qu’elle a décidé d’arrêter -, son histoire avec Milou vire rapidement au score de forfait. Mais Milou découvre alors qu’il est aussi dépendant à Martine. Ni une ni deux, il décide de se sevrer, tel un AA. Fini le rouge, les matches et les troisièmes mi-temps : Milou est clean. Pour combien de temps ?

Comédie romantique, "Je suis supporter du Standard" part d’une idée prometteuse : traiter d’une passion footballistique comme d’une drogue dure. Passé les premiers ressorts du gag, Riton Liebman, au scénario, à la caméra et à l’interprétation, s’épuise assez vite et rate l’essai.

Dommage, car il y a quelque chose de plutôt sympathique dans l’intention et un certain charme à ce film très belge dans son contexte, mais universel dans le propos - on imaginerait bien un remake anglais, si "Looking for Eric" n’était pas (un peu) passé par là.

Le spectateur connaisseur pourra s’amuser des caméos belgo-cinéphiles (le réalisateur Guillaume Malandrin, le producteur Vincent Tavier, Nicolas Buysse, notre excellent confrère Philippe Manche, un duo de "Vedette") et footballeux (Mémé Tchité, Robert Waseige et Enzo Scifo ) ou se réjouir de la présence de Jackie Berroyer ou de David Murgia, excellent, une fois de plus, en supporter jusqu’au-boutiste (son impro face à un troupeau de vaches est appelée à devenir culte).

Mais un scénario, qui devient vite prévisible, et une mise en scène peu inspirée marquent les limites d’un film certes sympathique, mais manquant d’une réelle ambition cinématographique.

Réalisation et scénario : Riton Liebman. Avec Riton Liebman, Léa Drucker, David Murgia, Samir Guesmi, 1h30.

Entretien avec Riton Liebman sur lalibre.be