Il était une fois dans le monde merveilleux du football.

Voici quelques semaines, un auditeur du Masque et la Plume - chaque dimanche à 20 h sur France Inter, depuis plus de 60 ans -, demandait aux critiques, ce que signifiait leur formule "il n’y a pas de cinéma dans ce film".

En réponse, ils auraient pu recommander la vision de Fourmi de Julien Rappeneau car voilà l’exemple type d’un film sans cinéma. On y voit le réalisateur illustrer le scénario comme s’il s’agissait d’un album à colorier. Il n’y a pas de point de vue, pas de regard, pas de style. Il y a un sujet, avec du potentiel, mais il n’est pas traité car les personnages sont des images à 2 dimensions.


Un gamin d’une dizaine d’années joue très bien au foot dans un petit club au point d’intéresser un talent- scout d’Arsenal. En voyant l’effet produit sur son père alcoolo, dépressif, chômeur, à la masse , l’enfant lui laisse croire qu’il est recruté, espérant que cet événement va l’amener à se reprendre en mains. Le ressort dramatique est double. D’un côté, le combat d’un père pour sortir de la mouise, et de l’autre, le poids d’un mensonge hénaurme qui écrase, chaque jour un peu plus, les frêles épaules d’un enfant.

Et pourtant, le film ne génère aucune tension. Le gamin est vraiment trop chou et il ne faut pas avoir lu Oui-Oui gagne la Champions League pour deviner que tout va s’arranger pour lui, son papa, sa maman, son coach, sa copine de classe, son club et même l’assistante sociale. En effet, ce ne sont jamais les personnages qui font avancer le récit, mais le scénariste qui emboîte les hasards, les coïncidences, les coups de théâtre jusqu’au happy end.

La petite vedette est très mignonne, futée, psychologue et ne ment que pour la bonne cause. Il est entouré de quatre grands acteurs en pilote automatique, avec tous leurs tics. On peut toujours s’amuser en imaginant la scène suivante, mais celui qui gagne ne peut toutefois se parer du titre de meilleur scénariste. Bien au contraire.


Fourmi Conte gentillet De Julien Rappeneau Avec François Damiens, Maleaume Paquin, André Dussollier, Ludivine Sagnier Durée 1h 45