Très attendu, le remake au féminin du classique des années 80 déçoit.

Cela fait des années que l’on parle de refaire un "SOS Fantômes". Dan Aykroyd et Ivan Reitman ont longtemps veillé sur le projet, qui n’a pas vu le jour, notamment suite aux refus répétés de Bill Murray, pas chaud à l’idée de rendosser le costume du chasseur de fantômes. Les deux compères sont donc réduits ici au rang de producteurs exécutifs et de gages d’authenticité pour la Columbia - qui a, qui plus est, réussi à décrocher des caméos de tous les anciens acteurs, à l’exception d’Harold Ramis, décédé en 2014. Le résultat est à la fois proche de l’original de 1984 - le scénario est quasi un copier-coller - et éloigné dans la tonalité du film.

Il suffit de voir l’affiche pour comprendre la seule idée qui prévaut à ce remake. Dans le dernier "Rocky", le héros était désormais noir. Ici, comme dans "Star Wars VII" avec le personnage de Rey (alter ego féminin de Luke Skywalker), on assiste à une féminisation des héros - préfiguration inconsciente du résultat des élections présidentielles américaines ?

Et puisque le film a été confié aux bons soins de Paul Feig, on retrouve en tête d’affiche son actrice fétiche, Melissa McCarthy (qu’il a déjà fait tourner dans "The Heat", "Brides Maids" ou "Spy"), au jeu toujours aussi lourd. A ses côtés, la savoureuse Kristen Wiig, l’énergique Kate McKinnon et la Black Leslie Jones, toutes trois en provenance du "Saturday Night Live" - c’était déjà le cas de l’équipe originelle. Les quatre comédiennes reprennent donc les costumes de Dan Aykroyd, Bill Murray, Harold Ramis et Ernie Hudson pour donner la chasse aux fantômes dans les rues et le métro de Manhattan.

Hormis cette transposition au féminin (avec un beau gosse en guise de secrétaire potiche), ce "S.O.S. Fantômes" ne fait montre d’aucune originalité. Les effets spéciaux sont évidemment sans commune mesure avec ceux d’il y a 30 ans, permettant de créer des revenants plus impressionnants.

Mais ceux-ci correspondent aux codes ultra-colorés des années 80, avec force slime vert fluo - c’est parfait pour la 3D… De quoi provoquer la nostalgie des enfants d’alors, qui s’amuseront à repérer chacune des références. La musique (revisitée en mode R’n’B), le corbillard blanc, le logo, le Bibendum Chamallow, le fantôme Glouton, les costumes, les armes… Tout est pensé pour coller aux attentes des fans. Sans surprise donc.

Ce qui a changé, c’est le rire, nettement moins naïf, moins premier degré, se pliant aux canons actuels de l’humour hollywoodien, qui aime rien moins que les sous-entendus et les clins d’œil. Au détriment du plaisir simple de l’amusement autour d’une bonne histoire et de personnages charismatiques…


© IPM
Réalisation : Paul Feig. Scénario : Katie Dippold & Paul Feig. Photographie : Robert Yeoman. Musique : Theodore Shapiro. Avec Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon, Leslie Jones… 1 h 56.