Faut-il supprimer toutes les cérémonies de remise de prix dans le domaine artistique ? De plus en plus de voix s'élèvent en ce sens, à la fois parce qu'il est étrange de mettre en valeur, par exemple, des films qui ne sont même pas sortis en salle, mais aussi, plus philosophiquement, parce que cela revient à comparer des pommes et des prunes, sans que cela ait le moindre de sens de déterminer que les unes seraient meilleures que les autres.

La dernière cérémonie des César, pathétique, vulgaire et snobée par les téléspectateurs a versé de l'eau au moulin des détracteurs. Tout comme les annonces des nominations aux Etats-Unis.

Ainsi, pour sa performance dans Hillbilly Elegy (Une Ode américaine en vf, pour les abonnés de Netflix), Glenn Close a été nommée pour l'Oscar du rôle secondaire féminin et pour le Razzie Award (qui couronne le pire du 7e art) dans la même catégorie. Même si ce n'est pas une première (James Coco en 1982 et Amy Irving en 1984 ont connu une situation identique), c'est fort rare et en dit long sur l'absurdité de ces prix. Comment peut-on à la fois être parmi les plus talentueux et les plus nuls de l'année pour la même prestation face à des milliers d'autres concurrents ?

Aujourd'hui, ces "fêtes" cinéma semblent surtout servir de tribune politique et de défilé de mode, alors que les listes de nominations sont le fruit d'intenses campagnes de promotion. Ce n'est pas nécessairement critiquable en soi, mais cela n'a plus grand-chose à voir avec le 7e art. Et encore moins avec talent.