Pas facile de s’y retrouver entre les sorties VOD, « Premium VOD » et autres « e-cinema », les appellations variant qui plus est selon les plateformes de vidéo à la demande. Pour les nostalgiques des pages « Tickets » du supplément papier « Arts Libre », en voici une version virtuelle, pour savoir que regarder en ligne en ces jours de confinement et alors que les cinémas sont fermés depuis le 13 mars derniers.

La Premium VOD (chez VOOMotion et Proximus Pickx), e-cinema (chez UniversCiné) ou encore Ciné chez vous (chez Lumière) concernent les films qui étaient en salles au moment de la fermeture des salles ou qui sortent directement en vidéo à la demande. Tarif unique sur toutes les plateformes: 7,99€ la location.

La VOD classique concerne les films qui sont mis en ligne selon la chronologie des médias traditionnelle (après leur exploitation en salles) ou des films inédits, qui n’auraient pas été exploités en salles. Nous ne renseigneront ici que les nouvelles sorties VOD. Les tarifs de la location varient.

● 10 jours sans maman

Frank Dubosc en one-man-show dans le rôle d’un père de famille, DRH dans une grande surface de bricolage, obligé de s’occuper de ses enfants quand sa femme le lâche pour partir en vacances. Dans une comédie familiale pseudo-féministe mais totalement stupide signée Ludovic Bernard (Mission Pays Basque, Au bout des doigts). 1h44. (H.H.)

© D.R.

  • La critique
  • Disponible en Premium VOD chez VOO, Proximus

★★★ Adam

Scénariste (Much Loved/Razzia) et actrice (Razzia) pour son compagnon Nabil Ayouch, Maryam Touzani signe un premier film très sensible, posant un regard au féminin sur la société patriarcale marocaine. Et ce à travers le récit de deux femmes seules (formidables Lubna Azabal et Nisrin Erradi), qui vont s’apprivoiser pour faire face à la dureté du monde. 1h38. (H.H.) (AL n°6)

© D.R.

★★★ Adoration

Adolescent solitaire, Paul tombe en adoration pour Gloria, internée dans un institut psychiatrique. Elle le persuade de fuguer avec elle. Fabrice du Welz signe un thriller épuré et naturaliste, troisième volet de sa trilogie ardennaise. Fantine Harduin et Thomas Gioria, mais aussi Benoît Poelvoorde irradient cette méditation sur l’absolu de la passion. 1h38 (A.Lo.)

© D.R.

★ À genoux les gars

Antoine Desrosières filme la vengeance d’une jeune fille d’origine maghrébine, que son petit ami fait chanter avec une vidéo compromettante, où on la voit faire une fellation. L’intention est bonne — parler de la sexualité du point de vue des jeunes filles musulmanes —, mais le ton, très léger, est plutôt problématique quand on parle de viol et de consentement. Et ce malgré la véracité et la tchatche des deux jeunes actrices, Souad Arsane et Inas Chanti, d’ailleurs créditées aux dialogues. 1h38 (H.H.)

© Cinéart

All of Us

Le scénariste flamand Willem Wallyn signe un premier long métrage a priori séduisant, une comédie sur la fin de vie, autour d’un groupe de paroles de patients en phase terminale. Malheureusement, il se montre beaucoup trop timoré dans l’humour, là où il aurait dû être au contraire mordant pour contrebalancer l’aspect lacrimal de son film. Avec Maaike Neuville. 1h52. (H.H.)

© D.R.

★★★★ An Elephant Sitting Still

Avant de suicider en 2017 à l’âge de 29 ans, l’écrivain et cinéaste chinois Hu Bo a laissé un unique long métrage de quatre heures à la beauté rare et à la noirceur envoûtante. Sur une journée, il entremêle les destins de quatre personnages portant un regard désespéré sur leur existence et sur la Chine contemporaine. Grandiose! 3h54 (H.H.)

© D.R.

★★ Amazing Grace

En 1972, Aretha Franklin sortait Amazing Grace, album mythique tiré d’un concert gospel donné dans une église baptiste de Los Angeles; Ce qu’on ne savait pas, c’est que Sydney Pollack était là pour capter le concert. Inédites, ces images ont été remontées par le producteur Alan Elliott. Le résultat est un film musical où vibre une voix exceptionnelle. 1h29. (H.H.)

© Paradiso

● L'Appel de la forêt | The Call of the Wild

Harrison Ford et Omar Sy font pitié dans cette adaptation édulcorée, plongée dans le sucre de guimauve et dégoulinante d’effets spéciaux du chef-d’œuvre de Jack London. 1h40. (F.Ds)

© Disney

  • La critique
  • Disponible en Premium VOD chez VOO, iTunes (location et achat).

★★★ A Rainy Day in New York | Un jour de pluie à New York

En attendant sa petite amie (qui se fait draguer), Gatsby tue le temps en se promenant dans Manhattan, un jour tout gris. Scénario basique mais film d’un rythme, d’une fluidité, d’une progression dramatique constante. Un modèle de comédie pas seulement romantique. La quintessence de l’art de Woody Allen. Avec Timothée Chalamet, Elle Fanning et Selena Gomez, allenissimes. 1h32. (F.Ds)

© Paradiso

★★★ A White, White day | Un jour si blanc

Hlynur Palmason, encore un cinéaste islandais à retenir. Il promène le spectateur au côté d’un inspecteur de police en congés depuis la mort de sa femme dans un accident de voiture. Un drame intérieur, qui vire au thriller, avant qu’on s’aperçoive que le coeur du film est l’amour inconditionnel entre grand-père et petite-fille. Brillante mise en scène. 1h49. (F.Ds)

© D.R.

The Barefoot Emperor

L’Américaine Jessica Woodworth et le Flamand Peter Brosens donnent une suite aux aventures, toujours aussi burlesques, de leur King of the Belgians. Le roi sans royaume (Peter Van den Begin) est cette fois coincé sur une île croate, alors que l’Europe est en train de s’effondrer. L’idée est bonne mais la démonstration très lourde... 1h38. (H.H.)

© D.R.

The Beast

Le Coréen Jung-ho Lee signe un remake confus de 36 Quai des Orfèvres d’Olivier Marchal en 2004. Soit la rivalité entre deux flics que tout oppose, autour de la résolution d’une sordide affaire: le meurtre et le démembrement d’une jeune fille de 17 ans. Comme chez Marchal, noir, c’est trop noir. Et surtout ultra-violent… 2h06 (H.H.)

© Cinéart

★★ Before the Frost | Før Frosten

En 1972, Aretha Franklin sortait Amazing Grace, album mythique tiré d’un concert gospel donné dans une église baptiste de Los Angeles; Ce qu’on ne savait pas, c’est que Sydney Pollack était là pour capter le concert. Inédites, ces images ont été remontées par le producteur Alan Elliott. Le résultat est un film musical où vibre une voix exceptionnelle. 1h29. (H.H.)

© Paradiso

  • La critique
  • Disponible en VOD chez Proximus, Telenet, iTunes

★★★ Benni | System Crasher

Pour son premier long métrage de fiction, l’Allemande Nora Fingscheidt dresse le portrait, très documenté, d’une gamine en rupture totale avec son entourage et avec le système éducatif. Un film fort, sans concession, sur l’enfance en crise, porté par une incroyable jeune comédienne, Helena Zengel. 1h58. (H.H.)

© D.R.

★ Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn

Libérée du Joker, Harley Quinn traque une ado pickpocket pour le compte d’un mafieux, avant de s’allier avec une bande de filles à poigne. Une suite girly et badass de Suicide Squad, bien dans l’air du temps féministe mais aussi opportuniste. Margot Robbie s’amuse. 1h49. (A.Lo.)

© Warner

  • La critique
  • Disponible en Premium VOD sur Telenet et Proximus et à l’achat sur iTunes à partir du 16 avril

★★ Blind Spot | Blindsone

Jeune actrice suédoise, Tuva Novotny retrouve la Norvège d'Erik Poppe (Utøya, 22 juillet) pour signer un premier film très intense. En un unique plan-séquence, elle raconte la détresse d’une famille, bouleversée par le drame qui frappe la jeune Thea, 14 ans. Ou quand la forme se met parfaitement au service du fond pour un drame intime déchirant de vérité. 1h48 (H.H.)

© September

  • La critique
  • Disponible en Premium VOD chez Proximus, Voo, Lumière, iTunes, Google Play, Apple TV, X-Box, Playstation dès le 6 mai.

★★★ Brooklyn Affairs | Motherless Brooklyn

Sur fond de gentryfication à New York, Edward Norton signe un excellent polar rétro-moderniste, d’après le roman de Jonathan Lethem, dans lequel il campe un privé atteint du syndrome de Gilles de la Tourette. Une sorte de Chinatown en version new-yorkaise. Avec également Bruce Willis, Gugu Mbatha-Raw, etAlec Baldwin. 2h24. (H.H.)

© Warner

● Chanson douce

La réalisatrice, Lucie Borleteau, modifie radicalement la structure du prix Goncourt de Leïla Slimani et transforme une exploration complexe des rapports psychologiques entre parents et nourrice en un thriller basique, limite grotesque. Avec Karin Viard et Leïla Bekhti. 1h40. (F.Ds)

© D.R.

★★ Cleo

La jeune cinéaste flamande Eva Cools filme, à Bruxelles, le portrait d’une jeune fille (excellente Anna Franziska Jaeger) surmontant le deuil de ses parents grâce à la rencontre d’un homme plus âgé. Un premier film très écrit, très tenu et plutôt prometteur. Avec également Yolande Moreau. 1h40 (H.H.)

© D.R.

★★ Charter

Découverte avec le très émouvant Sami Blood en 2017, la Suédoise Amanda Kernell signe ici le portrait d'une mère désespérée (campée par l'excellente Ane Dahl Torp), qui enlève ses enfants pour les emmener en vacances à Tenerife. 1h34 (H.H.)

© September

  • La critique
  • Disponible en Premium VOD chez UniversCiné, Lumière - Ciné chez vous, Proximus, Voo, iTunes, GooglePlay et Cinemember dès le 27 mai.

★★ Daens

Réalisateur de comédies très populaires (Hector, Koko Flanel), Stijn Coninx change, en 1992, radicalement de genre avec un biopic consacré à Adolph Daens. Très engagé socialement, notamment dans la lutte contre le travail des enfants, ce prêtre catholique du XIXe siècle est aussi une figure légendaire du mouvement flamand. Avec Jan Decleir, dans une interprétation historique, mais aussi Matthias Schoenaerts, dans son premier film. Lequel est désormais disponible dans une version restaurée par la Cinematek. 2h18. (F.Ds)

© Cinematek

  • Disponible en VOD chez Lumière à partir du 1er mai.

★★ DAU. Degeneration

Intégré à l’impressionnant (et problématique) projet DAU du jeune réalisateur russe Ilya Khrjanovski (15 films et 6 séries), DAU. Degeneration, coréalisé par Ilya Permyakov, raconte, sur plus de six heures, la chute morale de l’URSS et de l’âme russe, annonçant l’arrivée au pouvoir de Poutine. Et ce en se plaçant au coeur d’un Institut de recherche scientifique ultra-secret. Une vraie expérience cinématographique! 6h09. (H.H.) (AL n°24)

© DAU

★★ DAU. Katya Tanya

Se concentrant sur deux personnages féminins de l’immense fresque DAU du Russe Ilya Khrjanovski, DAU. Katya Tanya, coréalisé par Jekaterina Oertel, met en scène l’amour (tabou en URSS) entre une jeune bibliothécaire et une jeune journaliste. Plus apaisé, formellement, que d’autres films étiquetés “DAU”, mais tout aussi radical dans la dénonciation du totalitarisme soviétique. 1h43. (H.H.)

© DAU

Déjà s'envole la fleur maigre

Ressorti en version restaurée par la Cinematek en juin 2016, ce classique maudit du cinéma belge est désormais disponible en VOD. En 1965, Paul Meyer réussissait un mariage magique entre documentaire et fiction, pour raconter de façon poétique la vie des immigrés italiens dans les charbonnages du Hainaut. Un film longtemps resté invisible suite à des problèmes avec les autorités et ayant-droits. 1h25. (H.H.)

© Cinematek

★★ Deux

Nina et Madeleine, deux voisines septuagénaires, entretiennent une relation amoureuse, que même les enfants de Madeleine ignorent. Le jour où cette dernière est victime d’un grave accident, leur secret est menacé. Une sorte d’Amour au féminin de Filippo Meneghetti, porté par deux actrices formidables, Martine Chevalier et Barbara Sukowa. 1h35 (A.Lo.)

© D.R.

★★ Divino amor

Le Brésilien Gabriel Mascaro anticipait l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro en imaginant le futur de son pays, placé sous le joug d’une société évangéliste prônant l’amour et la sexualité. Une fable religieuse glaçante, qui dénonce le totalitarisme de la bienveillance. 1h39. (H.H.)

© Cinemien

Donnybrook

Signé Tim Sutton, ce petit film indépendant américain retrace le parcours d’un jeune vétéran de la guerre en Irak qui tente d’échapper à la misère en participant à un concours de combat clandestin au fin fond de l’Amérique profonde. Atmosphère noire de chez noire, personnages caricaturaux et ultra-violence sont au rendez-vous mais ne convainquent guère… À sauver, la performance de Margaret Qualley, la jeune actrice qui monte à Hollywood… 1h52. (H.H.)

© D.R.

★★★ Echo

Entre Noël et Nouvel An, Rúnar Rúnarsson joue au trouble-fête avec des dizaines de saynètes cocasse, sombre, cruelle, poignante, féroce composant une mosaïque de réveillons dans laquelle il manifeste sa compassion à l’égard de ceux qui vivent cette période comme la plus douloureuse et la plus anxiogène de l’année. 1h19. (F.Ds)

© D.R.

En avant | Onward

Dans un monde où la magie a disparu, deux frères elfes tentent de ramener leur père défunt à la vie. L’enchantement semble avoir déserté aussi les studios Pixar avec cette quête banale qui recycle péripéties et personnage. 1h43. (A.Lo.)

© Disney

  • La critique
  • Disponible en Premium VOD chez VOO, iTunes depuis le 14 mai.

Ema

Inspiré par le physique et la jeunesse de la danseuse et comédienne Marianne Di Girólamo, le Chilien Pablo Larraín (Jackie, No, El Club) surprend avec un un film explosif et insaisissable sur le couple et la parentalité. Le tout au rythme endiablé du reggaeton. Avec aussi Gael García Bernal. 1h42. (H.H.)

© Cinéart

★★ L’Extraordinaire Mr. Rogers | A Beautiful Day in the Neighborhood

Après The Diary of a Teenage Girl et Can You Ever Forgive Me?, Marielle Heller signe un faux biopic qui parvient à faire mentir l’adage affirmant qu’on ne fait pas de bons films avec des bons sentiments. En racontant comment, chargé de faire le portrait d’un vieil animateur d’une émission pour enfants (Tom Hanks, parfait en papy gâteau agaçant de gentillesse), un jeune journaliste cynique remet en cause sa vision du monde et des gens… 1h47. (H.H.)

© Sony

  • La critique
  • Disponible en VOD chez Proximus, VOO et sur iTunes (4,99€) depuis le 29 avril.

★★★★ La fameuse invasion des ours en Sicile

Afin de distraire un ours affamé, un ménestrel et sa fille lui content la légende de l’invasion de la Sicile par des ours. Ce film d’animation combine avec brio l’art visuel de l’auteur de bande dessinée Lorenzo Mattotti avec celui de conteur du romancier Dino Buzzati. Une oeuvre pour petits et grands qui offre une réjouissante alternative au tout-venant de l’animation mondialisée. 1h25. (A.Lo.)

© D.R.

★★ La fille au bracelet

Dans son second long métrage (après Terre battue en 2015), le Français Stéphane Demoustier filme sa soeur Anaïs, mais aussi Roschdy Zem, Chiara Mastroianni et la débutante Mélissa Guers, dans un drame judiciaire tenu, dont l’une des forces est de confronter le spectateur au doute. 1h36. (A.Lo.)

© D.R.

★★ Filles de joie

Huit ans après Tango Libre, Frédéric Fonteyne, à la réalisation, et sa compagne Anne Paulicevich, au scénario, se retrouvent pour cosigner un film fort sur trois Françaises de Roubaix traversant chaque jour la frontière pour se prostituer dans un bordel flamand. Un film bourré d’énergie porté par trois comédiennes épatantes : Sara Forestier, Noémie Lvovsky, Annabelle Lengronne. 1h30. (H.H.)

© D.R.

★★★ Hors Normes

Eric Tolédano et Olivier Nakache : il n’y a qu’eux pour réussir une comédie pleine d’humanité avec des autistes. Pour faire rimer, sans lourdeur, fraternité et multiculturalité. Pour témoigner que dans ce monde de Trump et Francken, il existe des anonymes qui entretiennent la dignité humaine. Avec Vincent Cassel, Reda Kateb. 1h54. (F.Ds)

© D.R.

★★ Invisible Man

Abusée psychologiquement, Elisabeth Moss éclipse l’Homme invisible, mais, malgré l’idée de mettre la victime au centre d’un film post-#MeToo, l’interprétation habitée d’Elisabeth Moss et une réalisation économique et fluide, le film pèche par l’évidence des rebondissements. 2h05. (B.F.)

© Sony

  • La critique
  • Disponible en Premium VOD chez Proximus, iTunes (prix exceptionnel de 17,99€)

★★ J’accuse

Grand prix de la dernière Mostra de Venise malgré les nouvelles accusations de viol contre Polanski, J’accuse apporte un regard nouveau sur l’affaire Dreyfus, en mettant en lumière Marie-Georges Picquart (Jean Dujardin), qui contribua à innocenter Dreyfus. À 86 ans, le cinéaste signe un thriller historique passionnant, mais un peu trop sage dans sa mise en scène et sa reconstitution historique. 2h12. (H.H.)

© D.R.

★★★ J’ai perdu mon corps

Une main amputée se lance à la recherche de son corps, à travers Paris. D’un précepte fantastique, Jérémy Clapin tire un récit poétique, exploration intime d’une jeune destinée. Une démonstration maîtrisée de narration par l’image, avec rythme et suspense. 1h21. (A.Lo.) (AL n°43)

© D.R.

★★★ Joker

En relisant les origines du futur ennemi de Batman, Todd Phillips signe un thriller psychologique intense doublé d’un grand film politique. Très impressionnant, Joaquin Phoenix campe un Joker aussi fragile que violent, qui s’impose en justicier des plus démunis dans une Gotham City plombée par les inégalités sociales et sous la coupe de l’oligarchie. Lion d’or inattendu mais mérité à la Mostra de Venise ! 2h02. (H.H.)

© D.R.

  • La critique
  • Disponible en VOD sur iTunes, VOO, Proximus

★★★ Jumbo

Premier film de la jeune cinéaste belge Zoé Wittock, Jumbo s’intéresse à l’objectophilie, l’attirance pour les objets. Et ce à travers la vraie histoire d’amour entre une jeune fille timide (magnifique Noémie Merlant) et un manège de parc d’attractions. Improbable, poétique, touchant et visuellement sublime. Un talent à suivre! 1h33. (H.H.)

© D.R.

★ Just Mercy | La voie de la justice

En 1987, Bryan Stevenson, tout jeune avocat sorti de Harvard, empoigne sa première affaire : faire sortir du couloir de la mort, Jimmie D, condamné pour le meurtre d’une jeune Blanche. Une histoire vraie, un sujet fort dont Destin Daniel Cretton tire un film trop plan-plan. Avec Michael B. Jordan. 2h17. (F.Ds)

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  • La critique
  • Disponible en Premium VOD sur Telenet et Proximus, à l'achat sur iTunes dès le 2 avril.

★★★ Le Lac aux oies sauvages | The Wild Goose Lake

Un homme est cerné par la police et les truands d’une grande ville chinoise quand une baigneuse vient lui proposer une porte de sortie. Le réalisateur Diao Yinan (Black Coal) revitalise le film noir, tour à tour, film d’auteur, film révélateur, film intérieur et film trompeur, alors que son chef op’ sculpte les ombres avec maestria. 1h50. (F.Ds)

© D.R.

★★ Little Joe

Une phytogénéticienne a mis au point une fleur rouge dont le parfum rend heureux. La toile de Jessica Hausner exhale un plaisir graphique et installe ses spectateurs dans un espace de réflexion : ne vaut-il pas mieux être chimiquement heureux que naturellement malheureux ? Avec Emily Beecham, prix d’interprétation à Cannes. 1h46 (F.Ds)

© D.R.

★★★ La Llorona

Découvert avec Ixcanul, Jayro Bustamante est de retour, après Temblores, avec un véritable film d’horreur. S’il choisit le genre (en relisant la figure de la Llorona, très populaire en Amérique latine), c’est pour revenir sur les fantômes de la dictature et du génocide des Indiens Mayas-Ixiles au début des années 80, qui continuent de hanter le Guatemala. 1h37. (H.H.)

© D.R.

● Losers Revolution

Devant et derrière la caméra, le comédien belge Thomas Ancora signe un premier film. La prémisse est amusante — un groupe de trois losers décident de se venger de deux qui les ont opprimés — mais l’humour est facile et le résultat ressemble à un court métrage tiré en longueurs. Avec également Kody, Baptiste Sornin et Clément Manuel. 1h30 (H.H.)

© D.R.

★★★ Martin Eden

Pietro Marcello signe une magnifique adaptation du classique de Jack London, dont il transpose l’action dans l’Italie de la première moitié du XXe siècle. Rêverie littéraire convoquant le fantôme de Thomas Mann, Martin Eden prend des accents prophétiques pour décrire une Europe idéologiquement perdue et au bord de l’implosion. Avec un formidable Luca Marinelli, prix d’interprétation à Venise. 2h09. (H.H.)

© D.R.

★ Matthias et Maxime

Maxime va-t-il pécho Matthias lors de sa fête de départ pour l’Australie ? Xavier Dolan semble ne plus rien avoir à dire pour le moment. Alors, il se répète. 1h59. (F.Ds)

© D.R.

Mijn Rembrandt

La documentariste hollandaise Oeke Hoogendijk s’intéresse à la fascination qu’exerce Rembrandt sur les heureux possesseurs de ses toiles. Une fascination qui vire parfois à la folie. Dans un documentaire qui aborde plein de questions passionnantes, mais sans les approfondir vraiment. 1h37. (H.H.)

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★★ The Miseducation of Cameron Post | Come as You Are

Grand Prix du jury à Sundance il y a trois ans, le second long métrage de la cinéaste d’origine iranienne Desiree Akhavan, adapté du roman d’Emily M. Danforth, met en scène le quotidien d’une gamine de 18 ans (excellente Chloë Grace Moretz) au sein d’un centre de rééducation pour jeunes homosexuels. L’histoire se passe en 1993 mais n’a rien perdu de son actualité aux États-Unis, où les conversions forcées continuent d’exister. 1h31. (H.H.)

© Cinéart

★★★ Les Misérables

Ladj Ly filme son quartier de Montfermeil, au moment où un drone vient d’enregistrer une bavure policière. Il dévoile une cartographie complexe des banlieues, des rapports de force – policiers, jeunes, trafiquants, Frères musulmans – qui se neutralisent les uns, les autres. Le film choc et le prix du jury du festival de Cannes. 1h42. (F.Ds)

© D.R.

The Other Lamb | L’autre agneau

Après Mug, la cinéaste polonaise Malgorzata Szumowska poursuit sa critique acerbe de la foi crédule, dans un petit film de genre féministe mettant en scène une secte où un pasteur christique (Michiel Huisman) mène un troupeau de jeunes femmes à la baguette. Jusqu’à ce que la jeune Selah (Raffey Cassidy) commence à se rebeller… Un film visuellement très réussi, mais qui lorgne un peu trop du côté de La Servante écarlate pour masquer sa propre vacuité… 1h37 (H.H.)

© September

  • La critique
  • Disponible en Premium VOD sur Proximus, VOO, Lumière, UniversCiné, iTunes, GooglePlay dès le 13 mai.

★★ Out Stealing Horses

Après le polar déjanté Refroidis, le Norvégien Hans Petter Moland retrouve son fidèle acteur suédois Stellan Skarsgård dans une belle adaptation du roman de Per Petterson. Parvenant à la fois à capter le temps qui passe (à travers d’incessants allers-retrous entre 1948 et 1999) et l’effet de la nature sur ses personnages, le cinéaste prend son temps pour ausculter un lourd secret de famille. 2h02. (H.H.)

© D.R.

● Papi Sitter

Gérard Lanvin et Olivier Marchal sur une même affiche, ça fait peur. Et bien, on n’est pas déçu! Non dirigés par l’ancien rugbyman Philippe Guillard, les deux acteurs sont en roue libre complète en papys chargés de surveiller leur petite-fille (Camille Aguilar), dans une comédie stupide. 1h37. (H.H.) (AL n°10)

© D.R.

★★ Perdrix

Un gendarme nommé Perdrix aide une jeune femme nomade à rechercher sa voiture volée par une nudiste révolutionnaire. Un air de Wes Anderson siffloté dans les Vosges. Burlesque et poésie pour un premier film enlevé d’Erwan Le Duc, avec Swann Arlaud et Maud Wyler. 1h39. (A.Lo.)

© Cinéart

  • La critique
  • Disponible en Premium VOD chez Voo, Proximus, UniversCiné, Lumière dès le 2 juin.

● Pompéi

Tout en se regardant filmer une histoire d’amour réduite à un cliché, John Shank (L’hiver dernier) et Anna Falguères proposent un voyage maniéré jusqu’au bout de l’ennui. Et même bien au-delà. 1h35. (F.Ds)

© D.R.

★★★ Portrait de la jeune fille en feu

En 1770, une femme peintre débarque sur une île bretonne pour faire le portrait de mariage de la fille du manoir sans que celle-ci s’en aperçoive. Céline Sciamma livre une oeuvre de pur cinéma, tout en regards, dont un des thèmes est l’échange créatif entre peintre et modèle. Elle révèle aussi le talent de Noémie Merlant. Prix du scénario à Cannes. 2h00. (F. Ds)

© D.R.

Qu’est-ce que je fais là?

Avec l’aide de Paule Muxel, le Français Bertrand de Solliers (Histoires autour de la folie) a filmé le quotidien du centre de crise des urgences psychiatriques de l’hôpital Saint-Luc à Bruxelles. Un reportage fort mais qui nous place en position de voyeur. 1h34. (H.H.)

© D.R.

  • La critique
  • Disponible en VOD sur VOOMotion et sur BeTV le 15 avril.

Richard Jewell

Héros pour avoir évité un massacre aux JO d’Atlanta, un vigile est, ensuite, traité comme un salaud, accusé d’avoir lui-même posé la bombe. Clint Eastwood célèbre en Richard Jewell (campé par ), une victime du pouvoir de la justice et de la presse, ainsi qu’un amoureux des armes. 2h11. (F.Ds)

© Warner

  • La critique
  • Disponible en Premium VOD sur Telenet et Proximus, à l’achat sur iTunes dès le 24 avril.

Sawah

Une comédie luxembourgo-belgo-égyptienne totalement improbable signée Adolf El Assal. Dans son second long métrage, le jeune cinéaste égyptien imagine les tribulations d’un DJ égyptien en route pour Bruxelles coincé au Grand-Duché. Pas très fin et totalement foutraque mais amusant. Avec Jean-Luc Couchard dans un grand numéro en patron de la mafia rom. 1h26. (H.H.)

© D.R.

  • La critique
  • Disponible sur les plateformes VOD VOO, Proximus et UniversCiné. Et sur Netflix dès le 14 mai.

★★ Seules les bêtes

Adaptant le roman de Colin Niel, Dominik Moll renoue avec son amour du thriller. Depuis Harry, un ami qui vous veut du bien ou Lemming, le cinéaste franco-allemand s’est pourtant rapproché du réel, signant un polar poisseux pour évoquer la solitude qui ronge la France rurale. Avec Denis Ménochet, Damien Bonnard et Valérie Bruni-Tedeschi. 1h57. (H.H.)

© Cinéart

Sonic, le film | Sonic the Hedgehog

Enième tentative de transposer un jeu vidéo au grand écran. Cette fois, Jim Carrey poursuit Sonic, le hérisson bleu super rapide de Sega, tout en le sauvant de la médiocrité. 1h40. (B.F.)

© D.R.

  • La critique
  • Disponible en Premium VOD chez VOO, iTunes dès le 14 mai.

★★★ Skate Kitchen

Après avoir filmé une fratrie confinée dans son documentaire The Wolfpack en 2015, l'Américaine Crystal Moselle signe une première fiction très proche du réel, s’inspirant de la vie de son actrice Rachel Vinberg pour imaginer son personnage de jeune skateuse découvrant la vie et l'amour. Dans une passionnante étude de la jeunesse new-yorkaise contemporaine. 1h46 (H.H.)

© Cinéart

  • La critique
  • Disponible en Premium VOD sur Proximus Pickx, Voo, UniversCiné et Lumière dès le 28 avril.

★★ Sorry We Missed You

Ricky croit pouvoir enfin réaliser le rêve d’une vie : offrir un toit à sa famille. Comment ? En devenant indépendant, chauffeur-livreur franchisé, aux ordres implacables d’une black box. Ken Loach met en scène l’ubérisation du travail avec sa poignante efficacité. 1h40. (F.Ds)

© D.R.

★★★ Swallow

Pour son premier film, soutenu par le Sundance Institut et coproduit en France, Carlo Mirabella-Davis s’est inspiré de l’histoire de sa grand-mère, pour dessiner le portrait d’une jeune femme de la bonne société new-yorkaise (excellente Haley Bennett) victime de pica, un trouble du comportement alimentaire qui consiste à ingérer des substances non comestibles… Un drame féministe fort, qui flirte avec le genre, pour dénoncer la place réservée aux femmes dans nos sociétés patriarcales. 1h34. (H.H.)

© Cinéart

★★★ The Third Wife

Ash Mayfair signe un premier long métrage à la beauté envoûtante, retraçant l’arrivée d’une jeune fille dans la maison d’un riche propriétaire terrien dans le Vietnam rural du XIXe siècle, dont elle devient, à 14 ans, la troisième épouse. Derrière la beauté, la sensualité, se cache un film fort, qui dénonce l’injustice faite aux femmes. 1h37. (H.H.)

© Mooov

Tito et les oiseaux

Alors qu’un virus pétrifie de peur les citoyens, Tito, un garçon de dix ans, se met en quête d’un remède. Un conte dystopique brésilien étrangement prophétique mais au message un brin trop appuyé et confus. A partir de 8 ans. 1h13. (A.Lo.)

© Cinéart

  • La critique
  • Disponible en Premium VOD chez Voo, Proximus, UniversCiné et Lumière - Ciné chez vous dès le 26 mai.

★★★ Le Traître | Il Traditore

Tommaso Buscetta, qui a livré au juge Falcone plus de 300 mafieux siciliens, est-il un traître, un repenti ou un homme d’honneur ? Marco Bellocchio observe la mafia d’un point de vue intime, met en scène une page d’histoire, brosse un biopic complexe formidablement aidé par Pierfrancesco Favino dans le rôle de sa vie. 2h31. (F.Ds)

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★★ Un divan à Tunis

Pour son premier film, la cinéaste franco-tunisienne Manele Labidi livre une jolie comédie sur la libération de la parole en Tunisie au lendemain de la Révolution de 2010-2011. Et ce à travers les mésaventures d’une jeune femme (lumineuse Golshifteh Farahani) débarquant de France à Tunis pour tenter d’ouvrir un cabinet de psychanalyse. 1h25. (H.H.)

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★★ Un vrai bonhomme

Deux ans après un terrible accident de voiture, Tom, 16 ans, entre dans un nouveau lycée. Pour affronter les grandes gueules ou draguer les filles, il peut compter sur les conseils de Léo, son ange gardien de grand frère. En guise de premier film, Benjamin Parent offre une variante rafraîchissante et réussie du récit initiatique adolescent. Ce réal à suivre n'est pas un bolos... 1h28 (A.Lo.)

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  • La critique
  • Disponible en VOD chez UniversCiné, VOO, Proximus.

★★ La Vérité

Pour son premier film hors du Japon, Hirokazu Kore-eda (Palme d’or pour Une affaire de famille) choisit la France. Et si la tonalité change (on est proche ici de la comédie), le thème reste même: la famille. Le cinéaste étudie ici la relation dégradée entre une fille (Juliette Binoche) et sa mère, une immense star du cinéma français, campée par une Catherine Deneuve magistrale. 1h46. (H.H.)

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★★ Woman

Après Human en 2015, Yann Arthus-Bertrand s’intéresse aux femmes dans Woman. Avec le concours de sa fidèle collaboratrice Anastasia Mikova, qui cosigne le film avec lui, le photographe français nous offre le portrait de centaines de femmes à travers le monde, pour tenter de proposer un état de la condition féminine au début du XXIe siècle. Très beau, mais très convenu. 1h48. (H. H.) (AL n°11)

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